KAIASSE est une association de défense de notre Culture, des arts Martiaux (moring et kali), du travail de mémoire auprès des anciens (« Gardiens de l’Âme ») diffuse la Tradition comme pilier identitaire et tisse des partenariats locaux et internationaux Présentation de l’association KAIASSE, un club de plus de 190 licenciés pratiquant le moringue et le kali arnis eskrima
A) La culture comme mote
ur, la tradition comme route, la cohésion sociale comme finalité
Sur l’île de la Réunion, il est de coutume de dire que « si l’on ne sait pas d’où on vient, on ne saura jamais où il faut aller ». (Kiltir, Animation, Insertion Artisanat, Solidarité, Sports, Environnement), née en 1997 et recréée sous l’appellation Kali Arnis Insertion Arts Sports Silat Eskrima en 2009, en a fait une devise qu’elle a donnée en partage à tous ceux qui ont travaillé avec elle pendant ces 18 dernières années. KAIASSE est aujourd’hui une référence à l’échelle de la commune de SAINTE SUZANNE, de l’ile de la Réunion et de la zone Asie du Sud Est, voire mondiale. Comment, en si peu de temps, en est-elle arrivée à ce niveau d’excellence et à cette extraordinaire dimension territoriale et extra territoriale ? Jean Claude CALIMOUTOU et Max CARPIN apportent leurs éléments de réponse.
« Au départ, au début des années 1990, nous étions un groupe informel de jeunes et moins jeunes oeuvrant à l’insertion sociale de publics en difficulté par l’intermédiaire d’actions de proximité telles que le Moringue, le sport ou l’artisanat d’art. Chaque année, la consécration de ces initiatives était amplifiée par l’organisation des festivités du 20 décembre que nous confiait la Municipalité. Ainsi, il nous incombait de rassembler les différents quartiers autour d’un projet fédérateur avec nos danseuses et autres percussionnistes en tête de défilé. Elle a été au centre de la commémoration du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage à Sainte Suzanne et partenaire du C.N.R (Conservatoire National de Région) sur de multiples sites d’action culturels, à partir de 1998.
1) Le moring comme vecteur d’insertion des jeunes
En parallèle, KAIASSE continua de mener des activités autant culturelles que sportives et initia le public scolaire dans le cadre d’un projet « moringue dans les écoles». De 1998 à 2003, aidé de plusieurs militants culturels de notre commune et d’ailleurs, nous avons permis à plus de 6000 personnes de la Sainte Suzanne et de la Réunion d’être initiées à la pratique du Moringue. Nous comptons ainsi, une école de moringue depuis 1998 animée par 10 entraîneurs formés par la Fédération Française de Moringue présidée par Jean René DREINAZA. Régulièrement, nous mettons en œuvre des sorties pédagogiques en vélo ou pédestres avec nos adhérents et nos nombreux sympathisants qui ont vocation de les sortir de leur cadre de vie habituel. Depuis 2003, nous avons mis en œuvre une école d’apprentissage des arts martiaux et notamment philippins avec M. Charles MAILLOT, prenant comme point de départ l’art du combat Réunionnais qu’est le Moringue. Notre Culture est ainsi notre rampe de lancement et notre « phare » de fierté, un étendard que nous déployons sous tous les cieux. C’est aussi cela « l’esprit KAIASSE », mélange subtil et détonnant d’immersion dans notre propre histoire et d’expansion vers tous les horizons. En étant nous-mêmes, nous sommes mieux à même de rencontrer les autres et d’échanger avec eux. »
Jean-René Dreinaza, celui qui a fédéré cette dynamique à la Réunion, met l’accent sur "le rôle que tient cet art de combat ancestral au sein de la société réunionnaise d’aujourd’hui. Grâce au moring, beaucoup de jeunes s’en sortent. Ils ont des projets de vie. Comme dans tous les sports, les passages de grade demandent le dépassement et la découverte de soi. On ne peut pas se construire si on ne se découvre pas". Face à l’actualité brûlante de ces dernières semaines (les émeutes qui ont secoué la Réunion), M. DREINAZA Jean René déclare : "Plus que jamais, tout le monde a enfin pris conscience de l’importance du monde sportif, culturel et de l’animation auprès de notre jeunesse ; ainsi que de la nécessité de déployer les moyens suffisants pour le développer. »
2) Un travail de fond qui porte ses fruits et qui est source commune de fierté
Au sein de l’association, nous n’avons eu de cesse de mener un travail de conscientisation auprès de tous les publics. Notre club de moringue, depuis 2006 institué en école, accueille chaque année, plus de 100 licenciés allant de 4 à 60 ans et issus de tous les milieux sociaux. Au gymnase du lycée qui nous sert de lieu d’entrainement, se côtoient les fils et filles de cadres et d’allocataires de minima sociaux sous la même bannière culturelle. Dès leur plus jeune âge, nous leur inculquons, certes, un art guerrier hérité des rites afro malgaches pratiqués par les esclaves, mais aussi et surtout, l’esprit qui préside à cette activité culturelle et sportive : la connaissance de sa propre histoire pour mieux se situer dans son présent et se projeter dans un avenir dégagé. Auprès du public porteur de handicap autant qu’avec les enfants en rupture scolaire, nous avons ainsi développé des modes d’apprentissage différents et leurs éducateurs sont ébahis des progrès que chacune de ces personnes peut faire dans son processus cognitif et surtout de leur capacité retrouvée à se fondre dans un collectif. Tous les adhérents ne payent que le coût de leur licence annuelle et nos moniteurs sont tous bénévoles. Ce dont nous sommes le plus fiers à ce jour est d’avoir également créé un lien intergénérationnel fort entre nos jeunes adhérents et les « anciens », ceux qui ont pratiqué le moring lontan, dans le cadre d’une recherche menée sur toute l’île. Ce retour aux sources de nos traditions, exposé sur des panneaux au phare de Bel Air en décembre 2007, leur permet à tous aujourd’hui de faire revivre les gestes tels que leurs grands-parents ou ancêtres les pratiquaient à l’époque. Le fruit de ce travail de recherche, que personne d’autre n’avait fait avant nous sur le territoire Réunionnais, a permis à la Région Réunion de décerner deux titres de « Zarboutan Nout Kiltir » à 2 personnes que nous avions mises en avant : Maximin NARSAMA et Bachelier SIAMPIRAVE. Ces 2 personnes nous font l’honneur, malgré leur grand âge, de venir commémorer avec nous les anniversaires de l’école de moringue et du défilé du 20 décembre, à la plus grande joie des parents et des enfants que nous réunissons à ces occasions. La Réunion est une île à l’histoire particulière dont les habitants ont un fort besoin de reconnaissance de leur potentiel. Nous pensons sincèrement que grâce à la pratique du moringue, nos adhérents se nourrissent de ce legs de l’Histoire et se ressourcent à la Lumière d’une Culture trop longtemps brimée. Par là même, notre école participe de cette œuvre de pacification des esprits qui est le corollaire de toute volonté d’élévation de soi. Sans en prendre conscience, ils sont tous en train de faire la paix avec leur Histoire et ranger leurs frustrations et leurs rancoeurs dans les tiroirs de l’oubli. En quelque sorte, ils fortifient leurs racines. C’est cela aussi le sens de notre association et notre travail de militants : « c’est fort de nos racines que nous nous ouvrons au Monde et nos bagages sont ce que nous avons dans le cœur et voyagent partout avec nous. »
B) UNE ECOLE DE KALI ARNIS ESKRIMA DONT LA RENOMMEE A DEPUIS LONGTEMPS FRANCHI NOS FRONTIERES
1) 2004 à 2008, la découverte d’un art martial philippin, le Kali Arnis Eskrima et des Phillippines
En 2004, nous étions aux balbutiements de notre apprentissage du Kali arnis eskrima. Cela ne faisait que quelques mois que nos adhérents, Jean Claude CALIMOUTOU en tête ainsi que 5 autres combattants, s’adonnaient à cet art martial Philippin.Si Jean Claude s’était illustré aux championnats d’Angleterre à Londres en 2003, terminant 3ème en simple et double bâton, d’un plateau extraordinairement relevé, personne n’avait encore disputé de tournoi majeur dans ce sport. Au départ, invités par la France et son représentant Guro Thomas RUSSEL, alors champion du Monde lors des championnats 2002 en Angleterre, nous devions être membres de l’équipe de France. C’est une chose qu’avaient du mal à admettre Supreme Grand Master Diony CANETE et les membres de la WEKAF (World Kali Arnis Eskrima Federation), la Fédération Mondiale de Kali Arnis : « vous êtes la République Démocratique de la REUNION, vous représenterez REUNION ISLAND REPUBLIC. » c’est ainsi qu’est née l’équipe Réunionnaise de KALI en 2004. Nous retiendrons que Jean Claude CALIMOUTOU monta sur la 3ème marche du podium et que son combat est encore dans toutes les têtes pour avoir été « l’un des plus violents et agressifs que nous ayons pu voir jusqu’à ce jour », dixit SGM Diony CANETE. La Légende était en route.
2008, le temps des moissons
Cette route nous a ramenés tout naturellement sur les terres philippines en 2008 pour, contre toute attente, l’une des plus grosses sensations de ce championnat du Monde WEKAF, organisé à Ayala, CEBU CITY.REUNION ISLAND REPUBLIC (SIC) peut s’enorgueillir d’un palmarès révélateur à l’issue d’un rassemblement mondial de plus de 700 combattants issus des USA, Grande Bretagne, Italie, Allemagne, Canada, Norvège, Australie, Nouvelle Zélande, Inde, Afrique du Sud, ... tous unis derrière leur bannière et prêts à en découdre. Nos combats furent acharnés, techniques, physiques et fortement appréciés par tous qui n’ont eu de cesse de nous encourager massivement. Avec un groupe de 6 combattants, nous glanons 7 médailles :Jean Claude CALIMOUTOU : double champion du Monde en simple et double bâtonGuillaume CHAFFANGEON : vice-champion du Monde en simple bâton
Clément DIEMUNSCH : Vice-champion du Monde en double bâton Frédéric MOUNOUSSAMY : Médaille de bronzeLudovic MOURGAYA (15 ans) : médaille de bronzeAlex GAUDENS : médaille de bronze
Forts de ces bons résultats, Sir Diony CANETE a voulu accélérer notre processus de structuration et a délivré à notre association une accréditation l’autorisant à utiliser le titre de « doce pares school » .
2) un club structuré et encadré par la qualité
Jean Claude CALIMOUTOU a ainsi bénéficié d’une formation spécifique pour entraîner selon les styles DOCE PARES
Un défi à relever, organiser un championnat du Monde à la REUNION : 2014? Pendant le congrès WEKAF, nous avons présenté le dossier de candidature de notre île aux championnats du monde de 2010 et avons échoué de peu face à la candidature du Mexique de notre ami Carlos. Cette candidature sera de nouveau effective pour le congrès de 2012 à CEBU qui déterminera le pays organisateur des championnats du Monde de 2014, étant entendu que les Philippines en organisent tous les 4 ans. Cela est le prochain défi que nous nous lançons.
2009 et 2010 : formation de nos cadres par la FFKDA et les grands maîtres Philippins
Que de chemin parcouru depuis. En 2009 et 2010, notre association a organisé 2 stages d’immersion dans les camps d’entrainement des grands maîtres philippins : Inting CARIN, Cacoy CANETE, Nicomedes ELIZAR et bien sûr le DOCE PARES HEADQUARTERS Dionision CANETE’s gym. Notre Head Instructor, Jean Claude CALIMOUTOU s’en est trouvé encore plus conforté dans sa maîtrise de l’art ainsi que tous ceux qui nous ont suivis. Il est maintenant Ceinture noire de l’école CARIN décernée par Inting CARIN Jr et Alfredo CARIN et Doce Pares International
Ce travail de fond a aussi permis des résultats grandioses lors des championnats du monde Doce pares ou WEKAF