Miaramaniry

Miaramaniry đŸŽ—ïžJe ne raconte pas le cancer. Je raconte la vie qui continue malgrĂ© lui.

đŸŒ± Miaramaniry, la voix des patients pour une meilleure prise en charge.

Avec mes amies patientes, nous Ă©tions venues ensemble Ă  l’hĂŽpital.Izahay moa mitsikaninany rehefa tafaraka.Un monsieur n...
02/09/2026

Avec mes amies patientes, nous Ă©tions venues ensemble Ă  l’hĂŽpital.
Izahay moa mitsikaninany rehefa tafaraka.

Un monsieur nous voit et, tout souriant :

— Bonjour ! Ça fait plaisir de vous voir ! Vous faites quoi ici ?

On s’est regardĂ©es
inona no tokony avaly?manao tourisme sa...đŸ€Ł

— On est des patientes.

Lui, intrigué :

— Ah bon ? Vous avez quoi ? Nanomboka kivy zokyđŸ˜đŸ€ŁđŸ€Ł

— Un cancer.

Sa tĂȘte ! đŸ˜łđŸ€Ł

Il nous regarde de haut en bas, comme s’il cherchait le fameux signe qui allait lui permettre de deviner.

Puis :

— Ça alors
 franchement, je n’aurais jamais devinĂ© !

đŸ€ŁđŸ€ŁđŸ€Ł

Ben oui, monsieur !

On n’allait quand mĂȘme pas arriver avec une sirĂšne : “Attention, poussez-vous, cancer en approche !” 😂

Relation mĂ©decin-patient : quelle relation peut-il bien avoir ?Le cancer du sein m’a fait rĂ©flĂ©chir Ă  une des relations ...
01/09/2026

Relation médecin-patient : quelle relation peut-il bien avoir ?

Le cancer du sein m’a fait rĂ©flĂ©chir Ă  une des relations les plus particuliĂšres au monde : celle entre deux personnes dont l’une examine et palpe le sein de l’autre
 avec son consentement, Ă©videmment, mais dans le cadre strictement professionnel d’un examen mĂ©dical.

Je me suis mĂȘme demandĂ© : pour le cancer de la prostate, le mĂ©decin procĂšde aussi Ă  une palpation de
 enfin, vous voyez. 😂

J’avais prĂ©vu de mettre une photo d’un oncologue pour illustrer ce post, mais finalement non.

Je prĂ©fĂšre Ă©viter que certains d’entre vous fassent la queue juste pour venir voir les mĂ©decins. 😂

Sao dia hoe hay manja otran'zao kosa ilay mitsapatsapa đŸ€ŁđŸ€ŁđŸ€Łdia ovina moa no misy dĂ©pistage gratuit đŸ€ŁđŸ€ŁđŸ€Ł

Être mĂšre et patiente Un jour, ma fille a dĂ» ĂȘtre hospitalisĂ©e.Dans la prĂ©cipitation, je n’avais rien prĂ©parĂ© : ni drap,...
31/08/2026

Être mùre et patiente

Un jour, ma fille a dĂ» ĂȘtre hospitalisĂ©e.

Dans la prĂ©cipitation, je n’avais rien prĂ©parĂ© : ni drap, ni vĂȘtements, ni affaires de toilette
 absolument rien. J’ai donc appelĂ© ma sƓur et une amie pour leur demander de m’apporter le nĂ©cessaire.

Quelques minutes plus t**d, elles sont arrivĂ©es avec les affaires et, visiblement trĂšs Ă©tonnĂ©es, m’ont regardĂ©e :

— Toi, tu n’as rien apportĂ© ? Tu as apportĂ© quoi, au juste ?

Je les ai regardées

— Rien. MĂȘme mon corps, je l’ai oubliĂ© quelque part. Je suis ici uniquement par instinct. Ma tĂȘte, elle, est restĂ©e je ne sais oĂč.

On a tellement ri que, lorsque le médecin est entré et a demandé :

— Qui d’entre vous est la mùre de la petite ?

On s’est regardĂ©es
 puis on a Ă©clatĂ© de rire Ă  nouveau.

— Il a raison ! Qui est la mùre ? Elle n’est manifestement pas là !

Parfois, le cƓur arrive à l’hîpital avant le cerveau. 😂

Mon pĂšre disait toujours :— Heureusement que ce n’est pas nous qui dĂ©cidons qui ira au paradis et qui ira en enfer !Et i...
30/08/2026

Mon pĂšre disait toujours :

— Heureusement que ce n’est pas nous qui dĂ©cidons qui ira au paradis et qui ira en enfer !

Et il avait une façon bien à lui de l’expliquer.

Il disait qu’il y a des funĂ©railles tellement bien prĂ©parĂ©es, avec prĂȘtres, pasteurs, chorale, beaux discours
 On raconte tellement de bien du dĂ©funt qu’à la fin, on a presque l’impression que le paradis lui a dĂ©jĂ  rĂ©servĂ© une chambre avec vue sur les nuages.

Et puis, il y a les autres funérailles


Celles oĂč la famille, Ă  la campagne, n’a pas suffisamment d’argent pour faire venir le prĂȘtre.

Alors, Ă  l’église, on retrouve quelques hommes du village, souvent ceux qui ont passĂ© la nuit Ă  boire et Ă  jouer aux cartes.

On leur confie la cérémonie.

Le premier cherche dans la Bible oĂč se trouve le « Notre PĂšre qui es aux cieux ».

Le deuxiÚme répond « Alléluia » quand tout le monde devait dire « Amen ».

Le troisiĂšme ne sait plus trĂšs bien Ă  quel moment il faut se lever.

Et celui qui était chargé de porter le cercueil ?

Il s’est endormi tranquillement sur le banc. 😂

Et malgré tout ça, mon pÚre concluait :

— Heureusement que Dieu ne juge pas la qualitĂ© de nos funĂ©railles pour dĂ©cider de notre destination.

Au fond, c’est peut-ĂȘtre cela qui est rassurant : nous ne sommes pas les juges. Le jugement final appartient Ă  Dieu, et Ă  Lui seul.

Il y a quelques annĂ©es, une amie a Ă©tĂ© gravement malade. Tellement malade que l’hĂŽpital avait fini par la renvoyer chez ...
29/08/2026

Il y a quelques annĂ©es, une amie a Ă©tĂ© gravement malade. Tellement malade que l’hĂŽpital avait fini par la renvoyer chez elle.

La famille s’est alors rĂ©unie. L’ambiance Ă©tait lourde : tout le monde pleurait, chacun essayait de se prĂ©parer...

Sa tante, dans une logique trĂšs spirituelle, s’est approchĂ©e de sa mĂšre :

— C’est peut-ĂȘtre le moment
 Son moment. Il faut la laisser partir. Tu te souviens de ce verset oĂč Dieu demande un « sorona » et oĂč le pĂšre accepte ?
Ndao isika iaraka ivavaka hoe alaivo izy.

La mÚre, déjà bouleversée

— Si tu as envie de faire un « sorona » avec un enfant, prends le tien. Mais laisse le mien tranquille !

La tante insiste :

— Mais regarde la rĂ©alitĂ© en face. Elle est en train de partir. Il faut accepter et la laisser s’en aller.

— Non.Raha te iaraka ivavaka aminay ianao, cherche-moi un autre verset. L’histoire de Judas, par exemple
 ou n’importe quelle autre histoire ! Mais pas celle-là. Celle-là, ce n’est pas pour moi.

La tante tente alors un dernier argument :

— Mais regarde ses pieds ! Ils sont dĂ©jĂ  froids, froids comme de la glace. Je te dis qu’elle commence Ă  partir


— Je vous dis que c’est NON !
Io na volomasony aza sisa no mietsika eo dia miady ho azy aho.

À ce moment-lĂ , je crois que mĂȘme les anges auraient compris qu’il valait mieux ne pas insister. 😅

Cette histoire remonte à plusieurs années.

Et le plus beau dans tout ça ?

La fille va beaucoup mieux aujourd’hui.

Alors oui, parfois, face à la maladie, certains parlent d’acceptation, de destin.

Mais il y a aussi les mĂšres...hafa ihany i mama.

Quand le cancer bouleverse les liensCertaines personnes — des hommes surtout — quittent leur femme alors qu’elle travers...
28/08/2026

Quand le cancer bouleverse les liens

Certaines personnes — des hommes surtout — quittent leur femme alors qu’elle traverse un traitement contre le cancer.

Peut-on vraiment les juger ?

Il est facile de rappeler les engagements pris, notamment celui de rester « dans la santĂ© comme dans la maladie ». Pourtant, lorsqu’une personne est rĂ©ellement confrontĂ©e Ă  la maladie, la rĂ©alitĂ© peut se rĂ©vĂ©ler bien plus complexe, tant sur le plan humain qu’émotionnel.

Il y a ceux qui trouvent la force de rester. Et ceux qui n’y arrivent pas.

Ce n’est pas toujours parce qu’ils n’aiment plus. Ce n’est pas forcĂ©ment parce qu’ils n’ont pas essayĂ©. Parfois, simplement, chacun a ses propres limites face Ă  une Ă©preuve aussi lourde.

J'ai vu un homme qui accompagnait sa femme Ă  la chimiothĂ©rapie tout en demandant le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone d’une autre accompagnatrice.
Ngamba hoy i zoky hoe efa lany aty ihany ny fotoanako...

Et les femmes aussi ont leur façon bien à elles de gérer la situation.

Une femme m’a dit :

— Si mon mari veut partir, je l’aiderai à faire ses valises.
Fa alainy ihany hono ny pension alimentaire kađŸ«Ł

Une autre disait :

— Quand mon mari part en mission, je mets mĂȘme des prĂ©servatifs dans sa valise. Au moins, s’il dĂ©cide de revenir, qu’il revienne sain !

Personne n’est prĂ©parĂ© Ă  ça. Ni le malade, ni le conjoint, ni les enfants, ni la famille.

Il y a aussi les amis qui changent. Ceux qui vous regardent soudainement comme si vous étiez contagieux.

Au travail, certains commencent à vous traiter comme si vous étiez devenu incapable.

Comme si, en plus de perdre vos cheveux, vous aviez aussi perdu votre CV. 😅

Alors oui, parlons du cancer.

Pas seulement des traitements, des examens et des statistiques.

Parlons aussi de ce que la maladie fait aux proches, aux amitiés, au travail et à notre regard sur les autres.

Parce que le cancer ne met pas seulement le corps Ă  l’épreuve.

Il met aussi les liens Ă  l’épreuve.

Un jour, jour de marchĂ©, je suis avec mon oncle quand une dame se met soudainement Ă  crier :— Monsieur ! Enfin je vous v...
28/08/2026

Un jour, jour de marché, je suis avec mon oncle quand une dame se met soudainement à crier :

— Monsieur ! Enfin je vous vois ! Cette fois, je vais crier bien fort pour que tout le monde entende quel genre de personne vous ĂȘtes ! Vous me prenez toujours ma place de parking, vous avez fait ceci, vous avez fait cela


Elle lui reprochait tellement de choses que je commençais à avoir honte. 😅

— Tonton
 tout le monde nous regarde là. C’est vrai tout ce qu’elle raconte ?

Mon oncle, trÚs calmement, lui répond :

— Madame, continuez vos insultes et vos histoires. Moi aussi, je vais finir par raconter quel genre de personne vous ĂȘtes. Ça fait longtemps que je garde vos secrets, mais lĂ , j’en peux plus. Je vais dire Ă  tout le monde que c’est vous qui avez brĂ»lĂ© le Rova !

Je n’ai mĂȘme pas eu le temps de comprendre ce qui se passait que la dame Ă©tait dĂ©jĂ  partie
 Ă  une vitesse incroyable ! 😂😂

Mon oncle me regarde ensuite, tranquillement :

— Voilà. Elle a fini de parler.

Mon pĂšre Ă©tait — et est toujours — un grand fan de poisson sĂ©chĂ©. 😂Alors, quand c’était lui qui cuisinait, inutile d’esp...
27/08/2026

Mon pĂšre Ă©tait — et est toujours — un grand fan de poisson sĂ©chĂ©. 😂

Alors, quand c’était lui qui cuisinait, inutile d’espĂ©rer autre chose au menu : poisson sĂ©chĂ©, et c’est tout ! đŸ€Ł

Il le prĂ©parait avec des "anamalao sy angivy", et mettait une quantitĂ© d’eau impressionnante
 carrĂ©ment une marmite de bouillon pour quelques poissons. 😅

Moi, à force, je commençais vraiment à en avoir marre.

Un jour, je lui demande, un peu agacée :

— Papa, pourquoi tu mets autant d’eau pour quelques poissons ?
Tsy herinandro ve isika isotro rona trondromaina foana!

Et lui, trÚs sérieux :

— Comme ça, ils peuvent nager dedans
 aprùs, je me lave les pieds avec. 😂😂

J’étais Ă©nervĂ©e
 mais impossible de rester fĂąchĂ©e longtemps avec lui.

Une petite anecdote Ă  l’école de mes enfants 😂Contrairement Ă  tous les parents normaux, organisĂ©s 😂, on me voit rarement...
26/08/2026

Une petite anecdote Ă  l’école de mes enfants 😂

Contrairement Ă  tous les parents normaux, organisĂ©s 😂, on me voit rarement Ă  l’école.

Un jour, justement, journée portes ouvertes. Je débarque toute seule pour récupérer les bulletins des jumelles, qui sont encore en primaire.

J’entre dans la cour, trĂšs sĂ»re de moi
 enfin, en apparence. 😌
Je reste plantĂ©e au beau milieu, sans savoir oĂč aller, comme si j’attendais qu’un GPS me parle. 😂

Et lĂ , un parent, sĂ»rement quelqu’un qui a un enfant dans la mĂȘme classe que mes filles, me regarde et me dit :

— Madame, venez par ici, c’est ici qu’on fait la queue.

Moi, avec mon plus beau sourire de personne parfaitement Ă  sa place :

— ouiii
 bonjour ! Merci
 😅

Mais intĂ©rieurement : « afa-baraka a e» 😂

Le pire, c’est que je n’ai mĂȘme pas osĂ© lui demander :
« Excusez-moi
 on se connaĂźt ? »

J’avais tellement honte que j’ai prĂ©fĂ©rĂ© suivre la queue en silence. 😂

Isakarazany ny saladikođŸ„°
Reo no zavatra tena mba mety tsara namboleko, na ry zareo mihitsy no mora ambolena.

Fampidirana mpianatra📝Depuis la maladie, j’ai eu la chance de recevoir l’aide de personnes incroyablement gĂ©nĂ©reuses. Je...
26/08/2026

Fampidirana mpianatra📝

Depuis la maladie, j’ai eu la chance de recevoir l’aide de personnes incroyablement gĂ©nĂ©reuses. Je l’avoue, il y a eu des moments oĂč j’avais vraiment du mal Ă  payer toutes mes factures. Mais je n’en parlais qu’aux personnes qui Ă©taient prĂȘtes Ă  faire quelque chose.😉

À toutes celles qui suivent un traitement contre le cancer et qui, comme moi, ont de jeunes enfants : courage. ❀

On ne peut pas toujours mettre de l’argent de cĂŽtĂ© dĂšs le dĂ©but de l’annĂ©e pour les fournitures scolaires. Les traitements sont venus s’imposer dans le budget, sans avoir Ă©tĂ© prĂ©vus. On ne peut pas forcĂ©ment travailler davantage, ni cumuler deux ou trois emplois. DĂ©jĂ , rĂ©ussir Ă  tenir avec un seul travail, avec un corps et une Ă©nergie qui dĂ©cident parfois de faire grĂšve tous les deux jours, c’est un combat.

Et pourtant, on n’en parle pas forcĂ©ment.

On se dit que ça ira. Ou plutÎt, on veut le croire.

Je connais des femmes qui ont dĂ» changer leurs enfants d’école, choisir une Ă©cole moins chĂšre, ou se tourner vers une Ă©cole oĂč elles avaient des proches qui pouvaient les aider.

Une amie m’a dit un jour :

« Moi, jamais je ne vendrai quoi que ce soit pour payer mon traitement. J’ai investi pour mes enfants. J’ai travaillĂ© pour eux. Parce que si jamais je meurs, je ne veux pas qu’en plus d’ĂȘtre orphelins, ils deviennent pauvres. »

Vous allez peut-ĂȘtre dire : « Mais le traitement aussi, c’est un investissement. AprĂšs, elle pourra recommencer. »

Oui
 mais à quel prix ? Et avec quelle garantie ?

Nous ne demandons pas forcĂ©ment qu’on fasse tout Ă  notre place. Mais il faudrait peut-ĂȘtre penser davantage Ă  ce que vivent les enfants des personnes atteintes de cancer.

Aleo aloha ambolena ihany ny haricots verts.

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