15/08/2026
Il y a quelque chose de presque malaisant à photographier une scène pareille.
Graphiquement, c’est « beau ». La nuit qui tombe, les couleurs dans le ciel... Et puis on se rappelle ce qu’on est réellement en train de regarder : une forêt qui brûle.
Un incendie hors de contrôle. 154 pompiers et 57 véhicules qui luttent, au moment de cette photo, contre un feu que même l’orage de cet après-midi n’aura pas arrosé.
Il n’est qu’à 16 km de moi.
Je ne suis pas en danger, mais cette proximité donne une réalité très différente à quelque chose qu’on voit habituellement aux informations. J’aurais très bien pu décider d’aller passer quelques jours dans ces montagnes-là.
J’ai passé quinze jours dans les environs. Combien de fois ai-je vu la brigade des pompiers prendre sa pause sur les tables de pique-nique à côté d’où j’étais posée...
Et ce soir, depuis mon bivouac, je regarde leur crête brûler.
Et je me sens tellement impuissante.
Les incendies s’enchaînent cette année. Partout, des paysages calcinés, parfois brûlés depuis plusieurs années, qui tentent lentement de se remettre... Et là, en direct, sous mes yeux.
Derrière les jolies couleurs de la photo, il y a une forêt qui part en fumée, des animaux qui fuient pour éviter d’être brûlés vifs et des pompiers qui passent leur nuit à lutter contre les flammes.
Je n’étais même pas sûre de vouloir publier cette photo.
Apocalypse, bonsoir.