19/12/2025
Une même planche, deux hauteurs
Imagine cette scène : une simple planche en bois.
Situation 1 : posée au sol. Elle fait 30 cm de large, 5 mètres de long. Tu marches dessus sans même y penser. Ton équilibre est parfait, ton pas est fluide, ton corps sait exactement quoi faire.
Situation 2 : la même planche, mais installée à 10 mètres de hauteur entre deux immeubles. Exactement les mêmes dimensions : 0,30 x 5. Ta capacité à marcher dessus n’a pas changé… et pourtant, tout devient plus compliqué. Ton pas se fait hésitant, ton corps se crispe, tu fixes tes pieds au lieu de regarder devant toi.
Et si on la monte à 50 mètres de haut, il devient hors de question pour toi d’essayer.
Qu’est-ce qui a changé ?
La planche ? Non. Ton corps ? Non plus.
Ce qui a changé, c’est l’intrusion de ton mental. Le vertige, l’enjeu. Ton Système 2 s’invite dans la tâche, anticipe la chute, calcule les risques, amplifie la peur. Ces pensées déclenchent des tensions dans ton corps : contraction musculaire, regard qui se bloque, équilibre instable. Plus la planche est haute, plus ton mental s’affole… et plus tu perds la fluidité que tu avais au sol.
Le parallèle avec ton golf
Au golf, c’est exactement la même chose.
Ton swing ne change pas entre le practice et le parcours. Ton corps a appris, répété, mémorisé. Mais dès que l’enjeu monte — un score qui compte, le regard des autres, un trou décisif — ton mental « élève la planche ».
Ce qui était simple au practice devient soudain difficile. Tes muscles se tendent, ton tempo se dérègle, tes coups se dispersent. Non pas parce que tu as « perdu ton swing », mais parce que ton mental l’empêche de s’exprimer.
La leçon
Ton corps sait frapper la b***e. Mais ton esprit, s’active parfois au mauvais moment, bloque ce savoir-faire en mettant la planche trop haute.
Ce qui fait la différence entre un coup fluide et un coup crispé, ce n’est pas ta technique, c’est le timing de ta réflexion.
•Avant le coup : tu as besoin de réfléchir, de lire la situation, de choisir ton plan, de préparer, en effet
• Pendant le coup : tu dois libérer ton corps, sans interférence consciente
L’erreur des joueurs vient de là : vouloir continuer à contrôler au moment même où il faudrait lâcher.
Il en est souvent de même lors de toutes les situations à enjeux.
(Extrait de À toi de jouer, lien en commentaire)