22/08/2026
À mesure que se rapproche la date fixée pour l'élection du Comité Exécutif, la gouvernance de la Fédération Congolaise de Football suscite une vague d'interrogations au sein du paysage sportif. Alors que la période pré-électorale impose traditionnellement la stricte gestion des affaires courantes, conformément aux principes de neutralité promus par les instances internationales, l'équipe dirigeante sortante s'est engagée dans une vague de nominations massives au sein des encadrements techniques.
Des équipes nationales masculines (des A jusqu'aux catégories de jeunes U20, U17 et U15) aux sélections féminines, le COMEX sortant multiplie la publication de structures d'encadrement, au mépris des recommandations d'apaisement.
𝐀𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭𝐞𝐬 𝐨𝐮 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐞 𝐝'𝐬𝐧𝐜𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐞́𝐥𝐞𝐜𝐭𝐨𝐫𝐚𝐥 ?
La question de la légitimité de ces décisions est au cœur du débat. En matière de gouvernance sportive internationale, une administration sortante à la veille d'un scrutin doit s'abstenir d'engager la fédération sur des décisions stratégiques à long terme, telles que la désignation des staffs techniques des sélections nationales de jeunes.
Pourquoi engager l'avenir des catégories U15, U17 ou U20 à quelques semaines seulement du renouvellement des instances ? Pour de nombreux observateurs, cette précipitation s'apparente à une tentative d'ancrage institutionnel et à une redistribution de prébendes électorales, visant à satisfaire des intérêts d'appareil avant le passage aux urnes.
𝐋𝐞 𝐦𝐞́𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐞́𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥'𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐭𝐮𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞
Outre le timing contestable, c'est la méthode qui scandalise. Comme révélé récemment, plusieurs de ces nominations ont été établies sans l'aval préalable des sélectionneurs principaux, à l'instar de Claude Le Roy pour l'équipe fanion ou de Fabrizio Cesana pour les U20, et sans concertation avec le Ministère des Sports.
𝐄𝐧 𝐚𝐠𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐞, 𝐥𝐞 𝐂𝐎𝐌𝐄𝐗 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐜𝐫𝐞́𝐞 𝐮𝐧 𝐝𝐨𝐮𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐣𝐮𝐝𝐢𝐜𝐞 :
𝐓𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 : Des sélectionneurs se voient imposer des collaborateurs qu'ils n'ont ni choisis ni validés.
𝐈𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 : L'État, qui finance l'intégralité des dépenses des sélections nationales (indemnités, billets, stages), est mis devant le fait accompli, préparant le terrain à de nouvelles tensions post-électorales.
𝐋'𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐬𝐜𝐫𝐮𝐭𝐢𝐧 𝐯𝐞𝐧𝐚𝐧𝐭
Cette frénésie d'actes administratifs en fin de mandat illustre les limites du modèle actuel. Un organe dirigeant à la veille de passer le témoin ne peut continuer d'engager les finances et la politique sportive d'une institution sans mandat renouvelé.
Face à ces dérives de fin de règne, l'Assemblée Générale dispose d'un pouvoir d'arbitrage décisif : sanctionner la politique du fait accompli et faire le choix d'une gouvernance assainie, transparente et respectueuse des principes républicains.