10/09/2026
To do: live in the moment.
Il y a quelque chose de très drôle à mettre ça sur une to-do list. C'est le seul point qu'on ne peut pas cocher.
Et c'est aussi, je trouve, l'injonction la plus vague qu'on nous répète. « Sois dans l'instant présent. » D'accord. Comment ?
Parce qu'on ne décide pas d'être présente. On ne peut pas y aller par la tête — la tête, c'est justement ce qui part ailleurs. Elle anticipe, elle revient en arrière, elle refait des conversations d'hier. C'est son métier.
Le corps, lui, n'a pas ce problème. Il est toujours là, maintenant. Il ne sait pas faire autrement.
Donc la porte d'entrée n'est pas mentale. Elle est physique, et elle est beaucoup plus accessible qu'on ne le dit :
Les appuis. Sens tes pieds. Le poids réparti, ou pas. C'est immédiat et ça ne se simule pas.
La respiration. Allonge l'expiration. Pas besoin de technique compliquée : plus longue que l'inspiration, c'est tout.
Les sens. Nomme trois choses que tu entends, là, sans les chercher.
Trente secondes. C'est tout ce que ça demande.
C'est exactement ce qu'il se passe dans une bonne séance, d'ailleurs. Ce n'est pas la posture qui te ramène au présent , c'est le fait de devoir sentir un appui, gérer une respiration, ajuster un équilibre. Le mental n'a plus de place. Il se tait parce qu'il est occupé, pas parce que tu le lui as demandé.
Et une chose que j'aimerais qu'on arrête de dire : être présente n'est pas une compétence morale. Une journée où ta tête part dans tous les sens n'est pas une journée ratée. C'est juste une journée.
Le seul objectif, c'est de savoir revenir. Pas de rester.
Dis-moi en commentaire ce qui te ramène le plus vite, toi. Je collectionne les réponses.