17/05/2026
JDA… LLUCINANTES
Totalement dépassée en première période par le Thüringer HC, la JDA Dijon a réussi à effacer un re**rd de neuf buts pour écrire une page d’histoire et s’offrir sa première Coupe d’Europe devant son public (29-25).
Chavirer. Verbe du premier groupe, fil conducteur de la deuxième finale européenne des Dijonnaises. La JDA a d’abord illustré, enduré, l’acception maritime. Il y avait des airs de naufrage, d’entraînement inexorable dans les bas-fonds, tout au long d’une première période terminée à neuf lieues (6-15) sous la mer rouge. Celle du Thüringer HC, si profonde et houleuse pour l’équipage de Clément Alcacer. Les tenantes de la Ligue européenne étaient résolument parties à l’abordage : les sept premiers buts étaient l’œuvre des six titulaires du champ. La septième, la gardienne Laura Kuske, arrêtait quasiment tout. Quand ce n’étaient pas ses montants, sur lesquels les Bourguignonnes se sont heurtées à quatre reprises dans cette demi-heure d’enfer.
Remonter à la surface lesté d’un tel handicap, d’un famélique 28 % d’efficacité ? Impossible pour le commun des collectifs. Auquel n’appartient plus ce Dijon 25-26, c’est un fait acquis. Dans l’intimité du vestiaire, dans les mots du tacticien provençal, un sous-marin de combat a été retapé dans le temps record d’un quart d’heure. La rationalité a été jetée par-dessus bord, l’effort défensif était la seule chose qui valait. En conséquence, la JDA s’est relancée comme son adversaire s’était élancé. Par un gros temps fort (11-16, 36ème). Nécessairement poussées par les quelques 2500 supporters d’un Palais des sports rarement, si ce n’est jamais, aussi extatique que ce troisième dimanche de mai, Laura Fauvarque, Lilou Pintat et les autres ont colmaté les brèches une par une. Manuella Dos Reis était de moins en moins prise au dépourvu, pendant que son alter ego germanique subissait de plus en plus les attaques, placées ou non.
Le THC, qui avait perdu en cours de route sa stratège japonaise Aizawa, perdait inexorablement de sa superbe. Johanna Reichert, la star de l’équipe, se faisait ainsi voler un ballon par Maureen Gayet, jaillissant en temps et en heure (16-18, 44ème). Stine Lonborg, vouée à l’échec en première mi-temps, obtenait ensuite le jet de 7 mètres de l’égalisation. Réussi par Nina Dury, nettoyeuse de lucarnes (21-21, 50ème). Là où la somme d’efforts consentis, ajoutés à ceux de la veille pour écarter Esztergom (33-30, demi-finale), auraient pu se retourner contre elles dans les dix ultimes minutes, les Dijonnaises ont su garder leur cap, leur ligne de (bonne) conduite. Pour faire définitivement chavirer leur public, cette fois de bonheur, l’ailière gauche des Bleues (9/10) était à la proue. La base arrière a été résiliente jusqu’au bout, telle la Slovaque Adriana Holejova (22-21, 53ème). La mission « gagner un titre », décrétée en début de semaine par Alcacer, ne pouvait plus échouer, à l’image du penalty de Reichert paré par Dos Reis (52ème).
Des abysses au paradis, Dijon gagne une seconde période d’anthologie, et l’expression n’est exceptionnellement pas galvaudée, sur un irréel 23-10. Aussi hallucinant que le but boomerang de dernière seconde d’Holejova, en phase de groupes face à Viborg (troisième du Final Four). Sarah Valero et ses partenaires détrônent le THC 29-25, succèdent à Nantes (2021) au palmarès bleu-blanc-rouge de la deuxième compétition continentale. Un rêve éveillé... mais le temps de l’euphorie est aussi intense que minuté. Une autre finale (de Coupe de France, contre Metz) attend en effet les Eurofighters de Côte-d’Or dimanche prochain.