Loops of Gévaudan

Loops of Gévaudan The Loops of Gévaudan est un itinéraire bikepacking gravel/vtt pour découvrir la Lozère en autonomie.

Le parcours traverse les grands sites naturels et culturels de la Lozère (Aubrac, Margeride, Mont-Lozère, Cévennes, Causses, Gorges du Tarn …)

Quelle est la meilleure période pour rouler sur les Loops of Gévaudan?La majeure partie des Loops est tracée à plus de 1...
02/09/2026

Quelle est la meilleure période pour rouler sur les Loops of Gévaudan?

La majeure partie des Loops est tracée à plus de 1 000 mètres d’altitude. Le climat y est montagnard. Juillet et août peuvent être très chauds et les amplitudes thermiques importantes. Mai, juin, septembre et octobre sont plus doux… et humides. De novembre à mars inclus, Les températures négatives sont fréquentes, il peut neiger en altitude ou pleuvoir abondamment…
Ça c’est pour le climat, de plus en plus aléatoire…
Pour ce qui est de la disponibilité des services, dans la période novembre à mars inclus, les campings sont fermés, de même que beaucoup de structures d’hébergement et de restauration.

Jour 17 - 26/07Cocurès à Mende48 km + 1 300 mTrès bonne nuit au frais dans une belle chambre équipée d’un lit ultra larg...
20/08/2026

Jour 17 - 26/07
Cocurès à Mende
48 km + 1 300 m

Très bonne nuit au frais dans une belle chambre équipée d’un lit ultra large. Mais un léger blues au réveil de ce dernier jour sur les Loops. En fin d’après-midi, je rentrerai à Saint-Martin…

Manches longues de rigueur ce matin, coupe-vent à portée de main. Le temps est frais, très frais, et il brouillasse. Ça me convient : l’itinéraire d’aujourd’hui commence par une montée de 10 kilomètres qui me hissera sur la « cham des Bondons », plus importante concentration de mégalithes en Europe après Carnac. Au départ de Cocurès la petite route suit le ruisseau de Briançon. À une patte d’oie, je prends à gauche. La voie, à flanc de montagne, est si étroite qu’il est totalement impossible d’y croiser un véhicule sans se coller à la paroi. Aucune rencontre jusqu’au village de Malbosc, qui marque le début d’un passage raide. En gros, on passe d’une pente à 6% à une rampe à 15%. Et ça dure, au-delà de 10%, jusqu’aux puechs d’Allègre et de Mariette. Aujourd’hui ces deux-là se cachent dans la brume. Le thermomètre affiche 13º.

Début d’une séquence découverte. Artur a trouvé au printemps une très belle alternative à la descente caillouteuse de La Fage à Saint-Étienne-du-Valdonnez. Les Loops filent désormais sur la p*ste plein Ouest après le premier puech. Ensuite une mini route remonte du hameau des Combes vers le plateau. Le décor est somptueux. En haut de la côte, on retrouve les menhirs. Ils hérissent littéralement le paysage. Je resterais volontiers un moment sur le site, d’autant qu’il y a plusieurs chemins pour le parcourir, mais voilà : j’ai froid !

Alors je file. Trois kilomètres sur la départementale, puis une nouvelle p*ste forestière qui mène jusqu’au Valdonnez. À saint-Etienne, j’ai très envie d’un café, mais le bar a fermé il y a un an… Je continue vers Lanuéjols. Outre une généreuse fontaine le village présente une curiosité : un mausolée romain très bien conservé. L’anecdote c’est qu’il a été racheté in extremis par la commune, alors que le propriétaire du terrain avait annoncé son intention de le démonter pour en faire des pierres de clôture !

Toujours pas de café ; il sera trop t**d pour en boire un chez ma soeur, à l’arrivée. Le compteur du GPS me l’indique : je vais aborder la 40ème montée, sur 40, de la boucle Cévennes - Causses - Gorges. J’en profite au maximum, d’autant que la p*ste est facile, la pente douce, les vues sur le Valdonnez superbes malgré la grisaille, et la température idéale, juste au-dessous de 20º. Quelques gouttes de pluie ponctuent mon arrivée sur le Causse de Mende. Pour descendre vers la cathédrale, je choisis la voie « officielle » des Loops : celle de la Croix Neuve. La meilleure façon de boucler le tour, par là où je l’ai commencé.

Enfin, boucler… pas tout à fait. La descente est si rapide que j’éprouve le besoin de traîner un peu dans la ville, déserte ce dimanche. Sans réfléchir, je me dirige vers le Pont Notre-Dame, qui enjambe le Lot. Autrement appelé Pont des soupirs. Depuis des générations, lycéennes et lycéens quittent les pensionnats pour venir s’y lutiner.

Quelques jours après être rentré au bercail, je mesure la chance que j’ai eue de faire ce beau voyage. Alors que je connaissais sur le bout des doigts, 97 % de l’itinéraire !
Les occasions de s’émerveiller sont toujours légion. Le paysage évolue, les rencontres sont nouvelles et les émotions au rendez-vous.
N’empêche, j’envie un peu ceux qui ne connaissent pas ce territoire exceptionnel, et s’élancent à leur tour, sur les Loops of Gévaudan.

Jour 16 - 25/07Sainte-Énimie à Cocurès38 km + 800 mJe vous ai parlé de mes nuits ? Oui ? Tant p*s, je continue. Je suis ...
19/08/2026

Jour 16 - 25/07
Sainte-Énimie à Cocurès
38 km + 800 m

Je vous ai parlé de mes nuits ? Oui ? Tant p*s, je continue. Je suis arrivé au camping en milieu d’après-midi. Sur le terre-plein réservé aux randonneurs, il y avait deux tentes. Quand je suis remonté de la plage, elles étaient une dizaine, un peu les unes sur les autres. Habitées par des gens charmants, de vingt à soixante ans le plus souvent en couple, Français et Suisses, (cf. l’ép*sode de l’arceau cassé, jour 15). En contrebas, campings cars et caravanes. Au-dessus, la route des Gorges. La nuit tombée, il faisait très chaud, donc beaucoup de gens étaient dehors, se déplaçaient, devisant gaiement. Ensuite chacun est rentré chez soi. Ouverture des zips, fermeture des zips. Généralement il y en a deux par personne, en tout ça fait beaucoup… Rapidement, on recommence tout car on oublie systématiquement quelque chose à l’extérieur. Ensuite, on se rend compte qu’il fait beaucoup trop chaud sous les toiles. On se concerte (quand on est deux), on ouvre le zip de la chambre. Puis celui de la doublure. Oui mais il y a les insectes. Alors on ferme celui de la doublure. Ils passent dessous. On rouvre et on ferme celui de la chambre. Ça reste intenable : on rouvre tout. Zip, zip, zip et re zip, la première partie du concert a duré une bonne demi-heure. Chuchotements, rires étouffés… Tout le monde, ou presque, finit par trouver le sommeil. C’est inouï ce que le corps humain endormi peut être bruyant… La seconde partie du concert commence. De la musique de chambre, en quelque sorte.

Aujourd’hui cap sur Cocurès. Étape très courte dictée par le risque élevé d’orages dès le milieu d’après-midi. Je pars sous les nuages, franchis le Tarn non loin du camping et emprunte le sentier rive gauche qui mène à Caltelbouc, à la fois GR et tronçon de la GTMC, très dégradé. Au fur et à mesure de mon avancée, je songe à la mise en garde sur le road book. Je vous la livre.
« Peu après Sainte-Énimie, les Loops empruntent le GR rive gauche. Si vous remplissez une seule de ces conditions, ne vous y engagez pas, continuez sur la route jusqu’à l’embranchement vers Castebouc :
- Il vient de pleuvoir / Il pleut / Il va pleuvoir
- Vous détestez pousser votre vélo / Votre équipage pèse plus de 30 kg
- Vous craignez les griffures / Vous êtes fatigué / Vous êtes pressé
- Ces conditions vous font douter ».
Et j’ajouterais : si vous roulez en groupe ; parce qu’il y aura toujours quelqu’un ou quelqu’une pour répéter : « je l’avais dit, que c’était une mauvaise idée de passer par là ».
Les bonnes raisons, ce sont les vues et les accès à la rivière (en fonction de l’étiage), le sentier lui-même, à flanc de montagne, la satisfaction d’arriver par le fond des gorges dans le hameau, encastré dans les falaises. Limite un peu maso ? Je vous l’accorde.

Après Castelbouc, une route minuscule s’élève, redescend jusqu’au Pont de Montbrun, puis se cabre. Plutôt gentiment jusqu’au village (de Montbrun), puis très sérieusement jusqu’au plateau. La voie est très étroite ; aujourd’hui il y a foule : je croise deux véhicules sur les 5 kilomètres de montée ! L’impression d’ascension est ici très nette. Les nombreux virages, offrent de belles vues sur le chemin parcouru depuis la rivière, quasiment jusqu’en haut, environ 400 mètres au-dessus du Tarn.

Parvenu sur le Méjean, je monte encore en surplomb de Florac. Il fait 30 degrés de moins qu’hier à la même heure. La vision des Puechs des Bondons et du Mont Lozère sous les averses valide mon étape courte ! Je n’ai plus qu’à m’engager dans la pente pour atterrir à Florac, d’où il me restera environ 10 kilomètres pour rallier la Lozerette, hôtel mythique sur le Chemin de Stevenson, qui fête cette année, ses 100 ans.

Stevenson, il a écrit que : « Si le jardin d’Eden existe, c’est dans la vallée du Tarn qui descend sur Florac. ». Donc ici.

Jour 15 - 24/07Les Vignes à Sainte-Énimie48 km + 1 200 mJ’ai traversé les Pyrénées d’Est en Ouest en enchaînant le maxim...
18/08/2026

Jour 15 - 24/07
Les Vignes à Sainte-Énimie
48 km + 1 200 m

J’ai traversé les Pyrénées d’Est en Ouest en enchaînant le maximum de cols. J’ai fait quelques ascensions dans les Alpes… et les descentes qui vont avec. Aucune de ces routes inclinées ne m’a procuré des sensations aussi fortes que celles des Gorges du Tarn. La descente sur les Vignes, hier, malgré la chaleur qui montait de l’asphalte et brûlait les yeux, était somptueuse. La perspective sur le canyon, les vautours sur les falaises, l’étroitesse de la route, les épingles… Quel bonheur de rouler ici !

Le hic avec les descentes, c’est qu’elles sont généralement suivies de montées. En franchissant la rivière, le regard est attiré sur la gauche. Juste là, à la sortie du pont, une rampe. Rapide coup d’oeil aux panneaux routiers : c’est la bonne direction. Aïe ! Une fois engagé, c’est un peu moins dur que ça en a l’air. Mais quand même, je senst bien le chargement sur le vélo ! Mais je sais, et ça aide : en haut, il y a la récompense XXL du bien nommé « point sublime ». Avec les vautours à faible altitude, et accessoirement un café. J’ai eu droit à tout.

Après, ça s’est un peu corsé. L’itinéraire est super, mais plutôt rude dans les parages… Celui qui l’a tracé voulait sans doute démontrer que si un Causse est par définition un plateau, c’est tout sauf plat ! Je suis en quelque sorte pris à mon propre piège. Piège inoffensif certes, mais avec la température extrême aujourd’hui, c’est vraiment dur. Jamais je n’avais vu le thermomètre du GPS afficher de telles valeurs. À 48º, j’ai fait une photo ; me disant que personne ne me croirait. En arrivant aux Boissets, où j’ai englouti une grande bouteille de Quézac en quelques minutes : 51,8º ! 38º à l’ombre du bâtiment. Dans la descente vers Sainte-Énimie : 52º.

La descente, je la fais par le GR qui emprunte l’ancienne route. Par endroits, il y a encore les parapets en pierres taillées. Il en manque, on dirait une mâchoire partiellement édentée. Du coup depuis tout à l’heure j’ai en tête la chanson « y’a qu’un ch’veu sur la tête à Mathieu, y’a qu’une dent dans la mâchoire à Jean ». Pfff ! J’arrive ainsi par le haut du village. Cela permet de sillonner les ruelles sans se fatiguer, en se laissant glisser jusqu’à la petite esplanade le long du Tarn.

Rivière dans laquelle je viens de me baigner. Pas de p*scine dans ce tout petit camping, mais pas mal de randonneurs et randonneuses, tous mobilisés pour aider - avec un certain insuccès -, l’une d’entre elles ayant cassé l’arceau de sa tente.

En regardant les photos du jour, je dois me rendre à l’évidence : l’incursion sur le Sauveterre vaut bien une demi-journée d’efforts intenses. Pour les passages en corniche avec vues fantastiques sur le canyon, pour les chemins naturellement paysagés, les architectures si particulières, la dégringolade vers Sainte-Énimie et le Tarn. Et la solitude : vu personne entre le Point Sublime et les Boissets, à part une postière dans sa voiture jaune.

Jour 14 - 23/07Mas-Saint-Chèly aux Vignes50 km + 750 mJournée consacrée à des activités relationnelles. Agrémentée de qu...
17/08/2026

Jour 14 - 23/07
Mas-Saint-Chèly aux Vignes
50 km + 750 m

Journée consacrée à des activités relationnelles. Agrémentée de quelques coups de pédales. Départ t**dif de l’hôtel, direction l’Aven Armand pour des rendez-vous, en passant par Hyelzas pour explorer à fond le village. La visite de la grotte sera pour un prochain passage : le déjeuner, très intéressant, a duré jusqu’à 15 heures passées. J’ai rejoint les Loops au début de la descente sur les Vignes. Autant la température sur le Causse était supportable, autant elle est devenue infernale avec la perte d’altitude. La petite p*scine du camping, à l’eau bien fraîche, est fort bienvenue !

Jour 13 - 22/07 (Jour 12 off)Meyrueis à Mas-Saint-Chèly73 km + 1 400 mJe vous ai parlé de mes nuits ? Hier, soirée paell...
16/08/2026

Jour 13 - 22/07 (Jour 12 off)
Meyrueis à Mas-Saint-Chèly
73 km + 1 400 m

Je vous ai parlé de mes nuits ? Hier, soirée paella au camping. J’ai des bouchons d’oreilles, mais ils étaient bien insuffisants… Je me suis endormi t**d, après avoir lu la moitié du dernier polar de Ruffin. C’est la fraîcheur qui m’a réveillé… à 7h30 ! Je suis resté sous le couvert de la tente, emmitouflé dans mon duvet, pour préparer et boire un café.

Halte à la boulangerie pour le petit déjeuner. Il y avait foule à Meyrueis (jour de marché) et tout en dégustant mon pain au chocolat j’ai dû répondre à beaucoup de questions sur : D’où je viens et où je vais ? C’est quoi ce vélo ? Combien de km par jour ? Où je dors ? Et même ce que j’utilise pour lubrifier la transmission.

Dans la montée vers le Causse, j’ai échangé quelques bons plans avec un couple de cyclistes qui vient en vacances dans le coin depuis 40 ans. Les vautours étaient là, en guise de comité d’accueil sur cette terre aux 0,8 habitant par km2.

Dès la sortie du hameau de Costeguison, je roule sur le tracé alternatif. C’est un enchantement ! Au Villaret, j’ai la chance de voir les chevaux de Przewalski, si beaux avec leur crinière en brosse et leur couleur savane, la même que celle de l’herbage grillé par le soleil. Mes bidons étant brûlants, je me rends à l’accueil du site où je sais trouver de l’eau fraîche. Avec la jeune femme de permanence, nous parlons de l’incendie de la semaine dernière, provoqué par une moissonneuse. 300 hectares partis en fumée en quelques heures, jusqu’en lisière du domaine, et au ras du hameau de Hures. Bref échange avec l’aubergiste de Nivoliers avant de prendre une p*ste bordée de lavande. Plus tôt, c’était un autre bleu qui colorait la steppe : celui des chardons, étincelants au soleil.

Une belle ligne droite asphaltée et c’est l’Aven Armand. Plus vaste grotte d’Europe, fleuron du « tourisme » lozérien. Je mets des guillemets car, tourisme oui, mais sans la pression. Une vingtaine de voitures sur le parking, pas plus. À ce propos, je n’ai croisé personne aujourd’hui en dehors des parties asphaltées, soit sur environ 50 kilomètres de p*stes.

Après l’Aven, le chemin permet de découvrir le hameau des Horts et offre de belles vues sur les gorges de la Jonte. À Hyelzas, la tentation est grande de déguster une glace au lait de brebis. En fait ce village semble dédié aux ovins. Je vous recommande de prévoir un peu de temps pour en profiter.

La p*ste continue après le village, puis j’emprunte une départementale comme j’en ai rarement vu. Même la couleur du revêtement est originale. Encore un hameau perdu : le Bedos ; puis la route devient chemin jusqu’au col de Riesse. Je laisse là les Loops pour rejoindre mon hébergement à Mas-Saint-Chèly où je prends un repas pantagruélique à défaut d’être gastronomique.

J’espère ne pas avoir utilisé trop de superlatifs sur cette journée. Ce qui est sûr, c’est que je me suis retenu !

Jour 11 - 20/07Cassagnas à Meyrueis115 km + 2 100 mIl m’arrive d’être lent à me préparer, plier la tente etc. Jamais com...
15/08/2026

Jour 11 - 20/07
Cassagnas à Meyrueis
115 km + 2 100 m

Il m’arrive d’être lent à me préparer, plier la tente etc. Jamais comme mes voisins d’emplacement. Ils ont commencé à lever le camp à 4 h 30 pour finir à 6 h 30. Sans l’excuse du froid ou de la pluie… Ma nuit s’en est trouvée bien écourtée, moi qui comptais dormir jusqu’à 6h30.

Du coup j’étais fin prêt avant 8h, pour une longue étape jusqu’à Meyrueis. Majoritairement routière, mais pas facile pour autant. Quelques kilomètres de plat sur l’ancienne voie ferrée avant de prendre la route pour Barre des Cévennes. Début des montagnes russes. Première ascension dans une très belle forêt. Les essences varient avec l’altitude. Résineux, châtaigniers, hêtres. Aux trois quarts de la pente, je croise une voiture - la première de la journée -. La conductrice stoppe à ma hauteur, ouvre la fenêtre.
« Soyez prudent, il y a des vaches sur la route un peu plus haut. Euh, en fait il y a une vache et un taureau, ils sont sortis de l’enclos.
- Ils sont agressifs ?
- Euh, non, mais faites attention quand même ».
Bon, eh ben soyons aux aguets… première règle, ne pas surprendre. Alors je prends les devants et parle aux bestiaux. En occitan. Le vocabulaire, la syntaxe et le ton, tout revient naturellement. J’aperçois le couple au détour d’un virage. La femelle est un peu excitée et court devant moi. Le mâle, Aubrac mélangé, au moins 7 ou 8 quintaux est sur le bas-côté. Il me regarde passer. Madame finit par sauter une clôture. Fin de l’ép*sode. En fait, ce qui est frappant dans l’anecdote, c’est la rencontre avec l’automobiliste à ce moment précis. Du départ jusqu’au kilomètre 25 dans la vallée française, je ne verrai personne d’autre. De quoi douter de l’existence de Dieu (ou de l’inexistence).

Petite déception à Barre, le bar épicerie est fermé le lundi. Alors je m’arrête à Sainte-Croix pour le café et le remplissage des bidons. Il fait déjà très chaud, quelques naïades se promènent dans le village en maillot de bain.

La seconde ascension, celle de Saint-Roman-de-Tousque, est très raide. 10% et plus sur 3 kilomètres. La magnifique descente qui suit est bienvenue, d’autant que le thermomètre s’affole. À Saumane, pause déjeuner sous les platanes et c’est parti pour 35 kilomètres vers le Mont Aigoual. La montée commence vraiment aux Plantiers. Le premier segment vers le col des Traverses (ou du Pas) se déroule dans un cadre magnifique. Ensuite je roule sur un faux plat de quelques kilomètres avec vues indescriptibles sur les Cévennes et au-delà. À partir du col de l’Espinas, je dois avouer que la rampe d’accès à Aire de Côte, c’est vraiment un calvaire ! Mais bon, arrivé à l’ancienne ferme reconvertie en maison forestière, puis en gîte d’étape, on oublie. Remplissage des bidons, boissons sucrées… Restent 12 ou 13 kilomètres sur les p*stes avant le haut du massif. La pente est régulière, le décor somptueux… et la température est enfin redescendue (environ 30º dans la forêt). À l’approche de l’observatoire, qui culmine à 1 567 mètres, plusieurs belvédères sont aménagés. Pas besoin de les chercher : les points de vue spectaculaires sur les Cévennes méridionales, jusqu’à la mer parfois, sont légion.

Hésitation au sommet : la route ou la p*ste pour rallier Meyrueis. Dans le premier cas environ 35 km et 100 de d+. Dans le second, 24 km et 200 de d+. J’ai choisi l’option routière qui m’a paru plus rapide, pour profiter de la p*scine au camping. Et aussi pour ménager mon périnée. Sur les p*stes ultra sèches, rouler en danseuse devient impossible dès que ça monte au-delà de 6 à 7 %. Alors, frottements garantis…

La p*scine, j’en ai bien profité ! Un des meilleurs bains de l’été.

Jour 10 - 19/07Villefort à Cassagnas65 km + 1 400 mLes calories du petit déjeuner sont vite consommées : l’itinéraire co...
14/08/2026

Jour 10 - 19/07
Villefort à Cassagnas
65 km + 1 400 m

Les calories du petit déjeuner sont vite consommées : l’itinéraire commence par la montée au Mas de la Barque, 850 mètres plus haut. Je suis surpris de trouver la terrasse de l’auberge vide, un dimanche à midi ! Cela dit, le parking du village de gîtes était bien garni. Il faut dire que le lieu est très attractif. D’abord le cadre. Nous sommes sur la pointe Est du Mont Lozère, tout près du Pic Cassini (1 680 m), d’où l’on voit Pyrénées, Méditerranée, Mont Blanc par temps clair et… aucune construction. Ensuite, le village lui-même, en lisière de la hêtraie, avec ces maisons en pierre, recouvertes de lauze, quoique construites dans les années 1990.

Après le café et le plein des bidons, cap sur le Pont du Tarn, rivière qui prend sa source quelques centaines de mètres plus haut. Aujourd’hui franchi essentiellement par les randonneurs, quelquefois par des troupeaux et leurs gardiens, cet ouvrage d’art paraît disproportionné…

Direction les hameaux de l’Hôpital et Montgros. C’est déjà la descente sur Pont-de-Montvert, haut lieu de la guerre des Camisards. J’avais prévu de dormir là, au terme d’une demi-étape, pour soulager mon périnée douloureux. Mais il n’est que 14 heures, alors je décide de déjeuner en terrasse et de reprendre la route jusqu’au Relais Stevenson, autrement appelé Ancienne Gare, (camping, gîte d’étape, restaurant) au bord de la Mimente.

J’en profite pour explorer une alternative au tracé, afin de rejoindre les p*stes qui montent vers le col du Bougès autrement que par la route « habituelle ». Une vraie découverte ! Une route minuscule, offrant des vues superbes sur les premières Gorges du Tarn, celles qu’on ne voit jamais. À connecter dans la V2 des Loops, assurément ! Arrivé au croisement de la départementale 20, je choisis de descendre directement sur Saint-Julien-d’Arpaon pour me ménager une fin d’après-midi tranquille. Je suis très vite dans la vallée. Et je réalise en arrivant sur la voie verte qui suit la Mimente (ancienne voie ferrée sommairement aménagée) que le camping n’est pas là, mais à Cassagnas, 10 kilomètres plus à l’est… L’accueil est très bon, les emplacements plats, et le dîner sous forme de buffet froid et chaud très très bon. Et on peut sans problème manger à sa faim !

En pleine nuit, je suis sorti de la tente et j’ai levé les yeux. C’était féerique. Ici, au coeur du Parc National des Cévennes, nous sommes dans une des 4 zones au monde les moins exposées à la pollution lumineuse. Ça se voit, si j’ose dire.

Adresse

Maison Départementale Des Sports
Mende
48000

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