21/05/2026
QUELLE FORET, DEMAIN ?
Ce printemps, j’ai effectué un relevé statistique des abroutissements occasionnés par les cervidés sur un territoire de 9000 hectares du Parc Régional du Palatinat ( Allemagne) La forêt s’étend en continuité du Parc Régional des Vosges du Nord et offre sur ces sols gréseux le même type de paysages, végétations et constats…
Depuis 40 ans, le propriétaire forestier du lieu s’est résolument décidé à renouveler par régénération naturelle les peuplements mûrs, en essayant de gérer sa forêt en futaie irrégulière. Elle est écocertifiée FSC.
Les trois grandes espèces d’ongulés y sont représentées. (cerf, sanglier, chevreuil ) Le milieu a bénéficié depuis 2016 de la réintroduction du lynx, qui parcourt régulièrement ces étendues. Le loup est présent épisodiquement.
Quelles sont les observations effectuées ?
L’épicéa, le hêtre, le douglas et le pin n’ont aucune difficulté à se développer car les ongulés les délaissent volontiers par leur faible appétence. Ces quatre essences semblent aujourd’hui les seules capables de constituer la prochaine génération d’arbres.
Malheureusement, de l’avis d’un grand nombre de scientifiques, l’épicéa et le hêtre seront vulnérables au changement climatique. Ces dernières années, les fortes récoltes d arbres malades de ces 2 espèces attestent de leur fragilité et de la pertinence de cette alerte. Le douglas, exogène, est vilipendé par les naturalistes. Le pin n’est apprécié que dans des forêts en mélange d’essences car les peuplements purs contribuent à acidifier les sols…
Les semis de sapin pectiné ne parviennent à sortir de la dent du gibier que sur environ 10 % de la surface que cette essence colonise. Par ailleurs, les petits chênes sont totalement absents en dehors de très coûteuses clôtures ( de grillages ou de lattis en bois), que les dénivelés du terrain empêchent bien souvent de poser.
Les bouleau, tremble, saule, sorbier des oiseleurs, sureau, merisier, etc… sont les grands absents de cet inventaire car totalement consommés par les herbivores. Leur présence serait cependant essentielle car ils favorisent le renouvellement des espèces citées précédemment, induisent une biodiversité très importante par la décomposition rapide de leur bois non exploité, fournissent un humus doux, des fleurs, des fruits, ….propices au développement d‘espèces d’insectes spécifiques et au maintien d’une chaîne alimentaire constituée d’espèces animales qui en sont tributaires.
Afin de diluer les dégâts occasionnés par les herbivores, le propriétaire avait constitué sur une partie du territoire, de nombreux aménagements de prairies. Leur efficacité s’avère plus que douteuse : c’est à leur proximité que la pression du gibier est la plus importante.
Ne pas réagir à ce constat entraînera la perte de pans entiers de Nature.
La solution ne passera que par une mobilisation plus importante des chasseurs dans le but d’augmenter les prélèvements d’ongulés en chasse silencieuse et en TRAQUE-AFFUT.
Atteindre cet objectif constituera un énorme défi humain, organisationnel et logistique.
Je réponds aux commentaires non agressifs...