08/09/2026
On me demande parfois comment ajouter de l’Eros à une journée déjà pleine. Comme s’il fallait lui trouver un créneau, quelque part entre le sport et le coucher des enfants.
Je crois que la question est posée à l’envers.
Eros ne prend pas de place dans ta journée. Il est la texture de tout ce que tu fais.
Tu peux écrire un mail les épaules remontées, la mâchoire serrée, absent-e de ton propre corps. Ou sentir tes pieds au sol une seconde avant d’écrire la première ligne. Le mail sera peut-être le même. Ta vie, non.
Eros n’est pas sur ta to-do list. C’est la façon dont tu fais ta to-do list.
Ce qui se joue là est somatique, pas moral. Un système nerveux qui traverse ses journées en mode exécution reste en mobilisation basse, tendu vers le prochain point à cocher, coupé de ses appuis. Il tient. Il fait le travail. Mais il ne se nourrit de rien.
Un système nerveux qui a le droit de sentir garde un pied dans l’appui, dans le souffle, dans le contact. Il peut faire exactement les mêmes choses, et en sortir moins essoré. Non pas parce qu’il en fait moins, mais parce qu’il reçoit pendant qu’il donne.
C’est ça que j’appelle l’Eros du quotidien. Une reliance qui ne demande ni bougies, ni musique, ni partenaire. Juste un corps disponible à ce qui est déjà en train de se passer, aussi banal que ça paraisse.
Cette disponibilité s’apprend.
Elle se pratique. Elle se perd, aussi, régulièrement, et on y revient.
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