25/03/2025
“Danse avec les Fées (mais sans leur bullsh*t)”,
ou
Chroniques d’une thérapeute lucide”.
Je pratique la la médiation par la danse. Oui, oui. J’accompagne des gens en mouvement, j’écoute les corps, je regarde les silences qui tremblent, les gestes qui disent ce que la bouche ne peut pas formuler. Je fais danser les traumas sans tutu, les joies sans miroir, les fatigues sans fard. Jusque-là, tout va bien.
Mais il faut que je vous l’avoue : je suis en désaccord spirituel profond avec mon propre milieu. Un coming-out un peu étrange, mais nécessaire. Car, voyez-vous, j’ai parfois l’impression de danser au bord d’un précipice cosmique, au-dessus duquel flottent des chakras arc-en-ciel et des licornes en goguette. Et je m’y refuse.
Non, je ne réaligne pas les vortex énergétiques de mes élèves. Non, je ne fais pas “remonter les mémoires cellulaires de l’Atlantide par le périnée” (si, si, c’est une vraie phrase entendue en stage). Non, je ne purifie pas l’espace avec de l’encens périmé pendant que je murmure des mantras en sanskrit approximatif.
J’ai une relation très cordiale avec l’invisible, mais je refuse de lui faire porter des paillettes fluo et un t-shirt “vibe high or cry trying”.
Parce qu’à force de tout spiritualiser, on finit par ne plus rien habiter du tout. Parce qu’il y a des corps qui souffrent, des esprits qui vacillent, et qu’on leur répond parfois avec une baguette en quartz rose et un sourire figé sous xanax bio.
Je crois profondément en la dimension spirituelle de l’être humain. C’est même ce qui me guide. Mais pas au sens d’un folklore ésotérique pour adultes angoissés par le réel. Je parle de cette spiritualité à la Jung, la vraie, celle qui passe par l’ombre, l’inconscient, la traversée lente et douloureuse de ce foutu “moi” vers quelque chose d’un peu plus vaste. Un “soi” peut-être. Un peu plus vaste, mais pas plus flou.
Danser, pour moi, ce n’est pas “se connecter à la 7e dimension pléiadienne de ton essence stellaire”. C’est rester sur terre, ici, maintenant, avec ta hanche qui coince, ton cœur qui bat, et ce silence au fond du ventre qui te dit : “t’es vivant·e, malgré tout”.
Alors non, je ne suis pas aligné avec Mercure, ni avec le marketing new age. Mais je suis là. Présent. En mouvement. Et c’est déjà pas mal.