06/09/2026
𝙌𝙪𝙖𝙣𝙙 𝙛𝙖𝙪𝙩-𝙞𝙡 𝙨𝙖𝙫𝙤𝙞𝙧 𝙨'𝙖𝙧𝙧ê𝙩𝙚𝙧 ?
Je ne pensais pas forcément en parler, mais puisque plusieurs personnes m’ont demandé si le concours s’était bien passé, je vais vous raconter ce qui s’est passé dimanche.
Mardi, Scarlet avait fait une séance absolument fantastique. Une jument incroyable, volontaire, avec de très belles sensations.
Elle a ensuite été au repos, puis le maréchal est intervenu vendredi, deux jours avant le concours. Samedi, je l’ai simplement sortie en balade au pas, avec un peu de trot, et elle était en pleine forme.
Dimanche, à la détente, j’ai eu une sensation assez particulière.
Elle était bien… mais pas complètement. Elle était là, mais pas vraiment présente comme d’habitude. Je la sentais moins devant mes jambes. Et pourtant, je n’ai pas senti de boiterie. Rien de franc, rien qui, sous mes fesses, me fasse me dire : « Cette jument boite, je ne peux pas rentrer en piste. »
Et c’est probablement ce qui me fait le plus réfléchir aujourd’hui.
Je suis donc entré en piste. Mon entrée au galop très bien, arrêt très bien, début de reprise au trot très correct. Puis arrive le premier trot allongé : les juges relèvent immédiatement une irrégularité. Je prends notamment un 4 et un 5.
Je continue sur les mouvements suivants. Les épaules en dedans, les appuyers… certains mouvements restent très corrects, avec notamment un 6,5 sur les appuyers et épaules en dedans.
Les juges me laissent ensuite commencer une nouvelle diagonale au trot moyen, puis me sonnent et m’arrêtent : « Votre jument est irrégulière, vous ne pouvez pas continuer. »
Évidemment, sur le moment, j’ai été très déçu. C’était ma première Pro 2 Grand Prix et j’avais forcément envie de profiter de cette reprise avec elle.
Mais avec le recul, ce qui me travaille le plus n’est pas vraiment l’élimination.
C’est de me demander : à quel moment aurais-je dû décider de ne pas entrer en piste ?
Parce que j’avais senti qu’elle n’était pas tout à fait comme d’habitude. Mais je n’avais pas senti de boiterie. Et je me retrouve aujourd’hui à me demander si j’aurais dû davantage écouter cette petite alerte que j’avais ressentie à la détente.
Scarlet a 20 ans et doit partir à la retraite au mois de novembre. La dernière chose que je veux, c’est avoir le sentiment de l’avoir poussée trop loin ou d’avoir voulu faire du sport à tout prix.
Pour autant, je ne veux pas non plus tirer de conclusions trop vite. Elle ne présente pas une boiterie franche dans les trois allures et il faut maintenant comprendre ce qui s’est passé.
Et je vais être complètement honnête : le regard des autres compte aussi.
Même en tant qu’enseignant, même si je sais qu’il ne devrait pas forcément avoir autant d’importance, forcément, je me suis posé la question : « Qu’est-ce que les gens vont penser ? »
Scarlet a 20 ans, elle est connue dans la région, et j’ai forcément eu cette petite voix dans ma tête qui m’a dit : « Ça y est, les gens vont se dire qu’il aurait dû arrêter depuis longtemps, qu’il est en train de la pousser, de la casser, qu’il monte une jument boiteuse… »
Alors que je sais aussi la réalité de cette jument. Je sais à quel point elle aime travailler, à quel point elle est volontaire et à quel point elle donne lorsqu’elle est bien.
Mais justement, peut-être que c’est aussi ça, être professionnel : accepter de se remettre en question lorsqu’une situation nous échappe.
Et c’est là que j’aimerais vraiment avoir vos retours.
À partir de quel moment, vous, vous considérez qu’un cheval n’est simplement « pas avec vous » ce jour-là, et à partir de quel moment vous vous dites qu’il y a peut-être quelque chose qui ne va pas et qu’il vaut mieux ne pas entrer en piste ?
Avec les sensations que j’avais à la détente, est-ce que vous auriez décidé de ne pas partir ?
J’ai donc pris rendez-vous avec l’ostéopathe afin de faire un bilan complet et de voir comment elle évolue. Je ne veux notamment pas accuser le maréchal : il est intervenu vendredi, mais je n’ai absolument aucune certitude qu’il y ait un quelconque lien avec ce qui s’est passé dimanche.
Physiquement, on ne peut pas toujours être au top. Un cheval peut simplement avoir quelque chose qui le gêne, sans que ce soit forcément grave.
Et c’est justement là que j’aimerais avoir vos retours, particulièrement ceux des cavaliers et enseignants :
Comment faites-vous la différence entre un cheval simplement “pas avec vous” ce jour-là, et un cheval qui vous signale quelque chose et avec lequel il vaut mieux ne pas entrer en piste ?
Est-ce que vous auriez pris la décision de ne pas partir avec les sensations que j’avais à la détente ?
Je ne cherche pas à savoir si j’ai « bien » ou « mal » fait. J’aimerais vraiment avoir vos expériences et vos réflexions sur ce sujet.
Et si ça vous intéresse, je vous tiendrai au courant de la suite, notamment de ce que l’ostéopathe trouvera et surtout de la manière dont Scarlet évoluera dans les prochains jours.
Parce qu’au-delà du concours, le plus important reste évidemment qu’elle soit bien. ❤️