05/09/2026
Faut-il parler de nos morts ?
« Je ne veux pas lui rappeler. »
« J’ai peur de la faire pleurer. »
« Il en parle encore beaucoup… »
Lorsqu’un proche traverse un deuil, nous pouvons être tellement préoccupés par l’idée de lui faire du mal que nous finissons parfois par ne plus parler du tout de la personne décédée.
Nous évitons son prénom. Les souvenirs. Les anecdotes.
Le silence devient une façon de vouloir protéger.
Pourtant, la personne endeuillée n’a pas oublié.
Prononcer le prénom de celui ou celle qui est mort ne lui rappelle pas soudainement son absence. Elle vit déjà avec cette absence.
Bien sûr, parler du défunt peut faire surgir une émotion. Des larmes parfois. Mais aussi un sourire, de la tendresse, de la gratitude, un souvenir heureux… parfois même du rire.
Cette émotion n’a pas été créée par la conversation.
Dans le processus de deuil, le lien avec la personne décédée se poursuit, mais il change de forme. Peu à peu, la présence extérieure laisse place à une présence intérieure.
La personne aimée trouve une autre place : dans nos souvenirs, dans ce qu’elle nous a transmis, dans nos façons de penser, d’agir ou de regarder le monde.
Le lien demeure. Il devient intérieur.
Et c’est aussi pour cela que le silence peut parfois être douloureux.
Lorsque plus personne n’ose prononcer un prénom, raconter une anecdote ou évoquer un souvenir, la personne endeuillée peut avoir le sentiment que celui ou celle qui est mort est peu à peu effacé de l’histoire commune.
Comme si, après sa mort, tout ce qu’il avait été, vécu et partagé risquait de disparaître avec lui.
Parler de nos morts, c’est aussi continuer à dire :
« Tu as existé. Tu as compté. Et nous nous souvenons de toi. »
Il ne s’agit pas de pousser quelqu’un à parler. Simplement de laisser la porte ouverte : prononcer un prénom, partager un souvenir ou demander si la personne souhaite en parler.
Et accueillir ce qui vient.
🌿 En cette rentrée, je vous accueille au cabinet Oreka Nature ou à distance pour vous accompagner dans votre deuil.