02/10/2022
Mon Défi Locavore bas carbone relevé à La Rochelle pour 250 personnes !
"Avant de passer à table, Stéphane Linou, très engagé dans la sécurité alimentaire, s’est emparé de la scène de l’amphithéâtre du Forum des Pertuis.
« Au menu des emmerdes, nous ne sommes qu’à l’apéro », lance-t-il face au public. Pour l’ancien élu, qui forme désormais de nombreux conseillers communaux sur le sujet de la résilience alimentaire, des mesures doivent être prises. « Nous avons besoin d’un filet de sécurité si jamais les chaînes d’approvisionnement sont amenées à se briser. » Des inquiétudes de plus en plus justifiées par le contexte géopolitique.
Un repas chic, local et bas carbone, le tout pour moins de 9,50 €. Voici le défi Locavore qu’a lancé Stéphane Linou, habitant du Lot, en 2018. Ce mercredi 31 août 2022, l’initiative fête ses quatre ans. À travers la France, le baroudeur parcourt les routes à la rencontre de personnes acceptant le challenge, pour ensuite déguster le résultat en leur compagnie.
Pour le moment, 36 défis ont été réalisés, toujours avec succès.
Invité lors de l’Université d’été de la fondation E5t (énergie, efficacité, environnement et territoires) de La Rochelle, l’ancien Conseiller général de l’Aude a cette fois imposé ses contraintes au traiteur Julien Renaudeau, de Planète Sésame. Ce dernier était chargé de la préparation du repas pour les 250 invités et intervenants.
Un menu varié
Dans le cahier des charges du Défi, quatre contraintes sont à respecter. Les produits doivent provenir d’une distance de 51 kilomètres maximum à vol d’oiseau, le repas doit être « chic » et contenir au moins trois plats, le coût ne doit pas dépasser 9,50 €
par personne et l’équivalent carbone de l’assiette doit atteindre 1,6 kilo au plus. « Je cherche à sensibiliser les populations et les médias à la nécessité de pouvoir s’approvisionner localement », explique Stéphane Linou.
Au moment de passer à table, les plats sont examinés avec soin. Des salades de légumes en entrée, des mogettes de Vendée avec du poisson, des boulettes de pois chiche ou du poulet en plat principal, une salade de fruits avec pommes et melons ou une galette charentaise en dessert. Pour Julien Renaudeau, le Défi ne fut pas simple. « Le plus compliqué fut la contrainte de la distance. Nous avons récupéré du filet de poisson de l’île d’Yeu. » Le traiteur qui a l’habitude de travailler avec des produits exotiques a dû adapter ses recettes. « Dans notre salade, nous avons remplacé la mangue par de la pêche. » Tous les produits sont choisis méticuleusement. « Le pain et la galette sont faits avec de la farine de Courçon. »
Résilience alimentaire
Depuis deux ans, Stéphane Linou a ajouté la contrainte bas carbone. « Je l’ai calculée à partir des ambitions de l’Accord de Paris (COP 21), qui fixent le bilan carbone à 1,6 kilo par personne par jour. J’ai donc souhaité montrer ce que cela représentait dans une assiette. » Avec cette nouvelle contrainte, les assiettes ont vu la viande diminuer. « C’est ce qui coûte le plus cher en carbone, et surtout la viande rouge », précise celui qui est originaire du Lot."
La cuisine et les outils de transformation, c'est important Clémentine Renaud, non ?😉
Invité lors de l’Université d’été E5t de La Rochelle, Stéphane Linou, initiateur du mouvement Locavore, a donné des contraintes au traiteur chargé de nourrir les 250 personnes présentes