04/07/2024
Le vieil homme qui voulait pas voir la mer - suite -
Il ventait ce jour là.
Ce jour d'un début d'été qui avait du mal à s'installer après qu'il eut manqué le printemps.
Sur un banc, devant la mer, un vieil homme se protège du vent avec son parasol.
En ce jour il l'a jugé plus utile de l'ouvrir devant lui comme paravent.
La toile lui fait écran à la mer qu'il ne voit plus devant lui.
Cette scène je l'ai prise en photo car elle m'a fait pouffer de rire.
Mais dans ma vie désormais je cherche toujours des sens cachés aux choses. Des formes révélatrices de révélation. Une photo qui a été révélé peut évidement faire l'affaire. Et révéler une autre affaire.
Chercher des sens, cachés ou pas d'ailleurs, aux choses, entres-autres d'ailleurs, m'est naturel. C'est une forme de curiosité qui je crois m'a toujours habité. Souvent c'est une forme de moulinage intellectuel qui me mène pas bien loin, tant en fait que chercher le sens à toute chose est vaine tentative. La réponse est toujours variable selon le sens dans lequel on regarde l'objet.
C'est donc pas la réponse l'important, c'est que cette recherche me permet de mettre des mots qui n'ont souvent rien à voir les uns aux autres, les uns après les autres. Et mettre des mots les uns après les autres, c'est plutôt utiles quand on écrit.
Dans cette nuit, en repensant à ma photo du vieil homme sur son banc de la plage des Minimes, je me suis demandé : Pourquoi cet homme là il ne veut pas ou plus regarder la mer ? Et qui c'est ce vieil homme ? Et si c'était en fait moi ce vieil homme ? Moi qui ne voudrait plus regarder la mer comme unique horizon ? Mais grand Dieu ? Pour quelle raison ?
Voila le type d'interrogation qui me lève du lit à 3 heures du mat, me font allumer mon ordi et me font vous écrire. Je sais que c'est pas bien raisonnable, que je serai zombi demain. Mais bon c'est ainsi. Je vis le jour et je cherche un sens à ce que je vis la nuit. C'en à pas toujours été ainsi dans ma vie, l'inverse a pu se produire aussi. Et j'ai la chance aussi depuis un an tout juste déjà, de pouvoir faire mon boulot en mode zombi, en utilisant plutôt mes mains que mes neurones. Ce qui permet de faire mon travail inaperçu et de prendre plutôt la bonne distance aux choses qui parasitent le travail bien fait, et Grand Dieu elles peuvent être nombreuses !
Alors pourquoi je ne voudrai plus regarder la mer ? Moi qui l'a chérie tant, et qui m'y baigne chaque jour avec ma chérie justement.
Sachez que par expérience, la réponse n'est jamais dans l'objet de la question, mais qu'il faut la trouver ailleurs. Et quelle arrive souvent toute seule sans trop la chercher.
Ce jour là quand nous sommes revenu de notre baignade à mon scooter, je me suis aperçu que je n'avais plus les clefs pour le démarrer. Ce n'est pas le genre de nouvelle qui me fait paniquer, tant je passe mon temps à perdre mes clefs. Perdre ses clefs quand on ne sait plus où rentrer n'est pas en soit problématique. En l’occurrence pour les clefs d'un moyen de transport, ça ne peut que ret**der légèrement l'échéance. On est retourné en vain fouler le sable pour tenter de les retrouver. Puis Karine stressée par le bac de Français avait envie de marcher ce qui en la circonstance tombait plutôt bien. Quant à moi, j'ai découvert que l'on pouvait décrocher un vélo jaune avec une simple carte bleue (je suis en net progrès avec ce genre de manipulation depuis que Karine m'a fait installé une appli de gestion de mon compte sur le téléphone qu'elle m'a offert et qu'il y a aussi un peu d'argent dessus). Avec ce Yelojaune et le vent qui soufrait donc fort ce jour-là dans mon dos, longer la côte jusqu'au garage n'a été qu'une partie de plaisir et de pédalades. Gand Dieu que c'est beau. Puis Tuture bleue ma mère avec mon double de clef du scooter (je vous passe ici les anecdotes du we concernant mon grand espace gris, sinon je vous perds aussi), puis retour scooter pour retourner bo**er, puis le soir retour chercher voiture dans la tuturtravail Marie (je passe aussi les anecdotes concernant sa golf grise,... merci à eux).
Voilà, mais bon c'est pas tout ça qui me donnerait pas envie de ne plus voir la mer.
Bien au contraire, la mer c'est délassant.
La réponse est venue hier soir sous la forme d'une autre photo messagère envoyé non pas Messenger mais par le Whatsapp de ma fille. Sur cette photo elle figure sur un bateau en tenue de plongé à côté de son compagnon tout accoutré pareil. C'était son premier baptême de plongée. A ma question : « Alors alors ça c'est bien passé ? », elle a juste répondu bien plus t**d : « Mon compagnon a plus apprécié, moi j'ai paniqué ».
Alors là rage en moi est montée comme au plus fort du flot des grandes marées.
Quand la colère monte subitement en moi ainsi, la foudre est multiple et s'abat sur n'importe qui. Ça pét**de pour toujours à la fin s'abattre sur moi, m'en faisant sa dernière victime. C'est assez humain pour un phénomène météorologique. Et au bout du compte ça détend.
La première victime c'est donc la mer. Mais comment elle a pu oser elle la mer a faire paniquer ma fille ? Cette mer que tout ma vie j'avais prise comme amie. Mais la prochaine fois que je la croise j'irai lui plonger dans la gu**le, pour lui arracher ses dents, de la mer. Je ferai plongeon canard pour frapper de mes poings serrés son tréfonds et je bullerai ma rage en profondeur.
Comme ce vieil homme je ne la regarderai plus.
Enfin au moins demain).
La deuxième victime serait le trou du cul qui faisait office ce jour-là de prof de plongé pour ce baptême tarifé. Je lui cracherai à sa gu**le toute son incompétence avant de le déchiqueter en lanière pour les déposer dans le bac de recyclage des combinaisons devant Sooruz. Seule problème c'est que je n'ai que le bac à porter de la main (aux Minimes), le baptême ayant eu lieu à Banyuls. Si je retrouve le nom du bateau, j'irai le couler dans le port cet été, quelqu'un aurait-il une perceuse étanche à me prêter ? J'ai le masque et tuba et moi je ne paniquerais pas la nuit sous l'eau à percer cette coque de m***e en apnée.
La troisième victime serait son compagnon mais c'est un bon garçon et un bon compagnon. Il voulait bien faire c'était un joli cadeau. Mais offrir un baptême c'est toujours délicat. Il y a évidement le plaisir de faire vivre à l'autre, un truc extraordinaire. Mais moi je le ferai pas depuis que j'ai été le témoin d'une autre histoire. C'était il y a longtemps, dans ma vie d 'avant. Mon collègue directeur n'était pas revenu travailler le lundi après un baptême en parachute. C'était un cadeau de sa femme pour son anniversaire. Il était revenu quinze jour après avec une attelle qui partait du bout du pied jusqu'au lombaire. Je crois qu'il n'a jamais remarché normalement après et que sa femme l'a quitté.
La dernière victime c'est donc moi évidement.
J'ai la rage contre moi le « Maître Nageur Sauveteur », de n'avoir pas pris le temps à apprendre à ma fille a être pleinement en confiance sous l'eau. J'ai ce regret rageur et éternel. Si vous saviez comment c'est difficile d’accepter que son enfant parte sans avoir eu le temps ou pris le temps ce qui est bien pire, de lui transmettre le mode d'emploi de la belle vie ? J'en rage.
Moi quand elle est née ma fille me suis dit que j'aurai le temps. Et puis j'ai pris confiance en elle au fur et à mesure qu'elle me donnait confiance en moi. Alors ma fureur se calme au fur et à mesure. J'ai confiance en elle et cette panique elle l'a surmontera. Elle a du remonter sain et sauve tout'd'même puisqu'elle est encore en mesure de taper des messages avec je pense encore tous ses dix jolis petits doigts.
Voilà c'est fini, on est déjà jeudi tôt le matin. Et ce jeudi c'est promis je n'irai pas voir la mer si je mens je plonge dans ses sombres enfers.
Et comme ce vieil homme je me masquerai son horizon.
Tant l'horizon en ce moment,
il fait horreur à voir.
TA, 04/02/24