03/05/2025
J'ai toujours eu peur du noir. Pas du noir en tant qu'absence de lumière, mais de ce qu'il pouvait cacher. Quand j'étais petit, je voyais des ombres bouger dans les coins de ma chambre, des formes indistinctes qui me fixaient. Je me cachais sous ma couette, en espérant que le jour se lève vite. Avec le temps, j'ai appris à ignorer ces visions, à me dire que c'était mon imagination qui me jouait des tours. Mais au fond de moi, la peur est restée.
Un soir, alors que je rentrais chez moi, j'ai remarqué qu'il y avait une coupure de courant dans mon quartier. Toutes les maisons étaient plongées dans l'obscurité, et un silence pesant régnait. J'ai sorti ma lampe de poche de mon sac, et j'ai avancé prudemment dans la rue. Soudain, j'ai entendu un bruit derrière moi. Un bruit de pas, lent et régulier. Je me suis retourné, mais je n'ai rien vu. J'ai continué à marcher, en accélérant le pas. Le bruit s'est rapproché. J'ai senti une présence derrière moi, une présence froide et menaçante. J'ai couru jusqu'à ma porte, j'ai ouvert la serrure en tremblant, et je me suis précipité à l'intérieur.
J'ai fermé la porte à clé, et je me suis adossé contre elle, le souffle court. J'ai entendu le bruit s'arrêter devant ma maison. Puis, j'ai entendu une voix. Une voix rauque et caverneuse, qui murmurait mon nom. J'ai éteint ma lampe de poche, et je me suis caché dans un coin de mon salon. J'ai attendu, terrifié, que la voix s'éloigne. Mais elle est restée là, à m'appeler, à me supplier de la laisser entrer. J'ai passé toute la nuit ainsi, à écouter la voix, à sentir sa présence.
Au matin, le courant est revenu. La voix a disparu. J'ai ouvert la porte, et je suis sorti. Il n'y avait rien. Personne. Mais je sais qu'elle est toujours là. Qu'elle m'attend, dans le noir."