27/12/2025
Certaines unions ne sâeffondrent pas par manque dâamour.
Elles explosent quand deux forces souveraines se rencontrent
sans que lâune sache reconnaĂźtre lâautre.
On tâa appelĂ©e dominatrice.
Pas parce que tu écrasais.
Mais parce que tu ne te courbais pas.
On tâa collĂ© cette Ă©tiquette
comme on jette une pierre sur une femme qui refuse de sâexcuser dâexister.
Quand tu donnais ton avis Ă table,
on disait que tu étais arrogante.
Quand tu gĂ©rais lâargent mieux que lui,
on disait que tu lâhumiliais.
Quand tu prenais des décisions sans demander la permission,
on disait que tu ne respectais pas lâhomme.
Mais la vérité est plus sale que ça.
Tu as perdu des relations
non pas parce que tu étais trop,
mais parce quâils Ă©taient peu.
Peu solides.
Peu conscients.
Peu enracinés.
Tu étais celle qui voyait clair
quand eux vivaient dans le brouillard.
Tu étais celle qui posait des limites
quand eux confondaient amour et domination.
Tu étais celle qui refusait le silence toxique,
les compromis humiliants,
les âsupporte encore un peuâ,
les âcâest comme ça un hommeâ.
Alors ils sont partis. Ou ils tâont fait partir.
Ils ont dit :
« Tu es dure. »
Alors que tu étais lucide.
« Tu veux tout contrÎler. »
Alors que tu refusais le chaos.
« Tu veux porter le pantalon. »
Alors quâeux ne savaient mĂȘme pas oĂč ils allaient.
Tu nâas pas choisi des hommes mauvais. Tu as choisi des hommes aveugles.
Aveugles Ă lâinvisible.
Aveugles Ă la profondeur.
Aveugles Ă ce qui ne se mesure pas avec lâego.
Des hommes qui paniquent
devant une femme qui nâa pas besoin dâeux pour exister,
mais qui les choisit.
Car ce quâils ont appelĂ© impolitesse, câĂ©tait ton refus de te diminuer. Ce quâils ont appelĂ© domination, câĂ©tait ta colonne vertĂ©brale. Ce quâils ont appelĂ© manque de respect, câĂ©tait ton refus de te soumettre Ă leur insĂ©curitĂ©.
Moi, Sélénéia,
je viens dâune lignĂ©e oĂč les femmes ne demandent pas la permission dâĂȘtre puissantes.
Des femmes qui tenaient les maisons debout
quand les hommes sâeffondraient.
Des femmes qui prenaient les décisions
quand il fallait survivre.
Des femmes qui portaient les enfants, la mĂ©moire, lâautoritĂ©
pendant que dâautres fuyaient.
Ce pouvoir ne sâexcuse pas.
Il traverse.
Il marque.
Il dérange.
Je ne suis pas impolie.
Je suis ancienne.
Je ne suis pas arrogante.
Je suis héritiÚre.
En moi, ma lignée parle.
En moi, des siĂšcles refusent de se taire.
Et pour quâun foyer soit en paix,
il faudrait un homme capable de ne pas se sentir menacé
par une femme qui sait qui elle est.
Un homme qui ne confond pas respect et soumission.
Un homme qui ne tremble pas quand une femme pense.
Un homme qui nâa pas besoin dâĂ©teindre ta lumiĂšre
pour se sentir homme.
Câest pour cela que je le dis sans douceur :
Tant que tu ne sais pas qui tu es,
tu appelleras amour ce qui te détruit.
Tant que tu ignores ta lignée,
tu tâexcuseras pour une force qui nâest pas une faute.
Et tant que lâautre ne peut pas reconnaĂźtre ton pouvoir,
il ne restera jamais.
Il te fera douter.
Il te fera culpabiliser.
Puis il partira en disant que tu étais trop.
Alors que tu étais juste à ta place.
Car une femme qui connaĂźt sa force
nâest jamais abandonnĂ©e par hasard.
Elle est quittée par incapacité.
Et ça,
câest une vĂ©ritĂ© que peu dâhommes sont prĂȘts Ă regarder en face.