La Côte d'Ivoire est un pays d'Afrique de l'Ouest doté de stations balnéaires, de forêts tropicales et d'un patrimoine colonial français. Abidjan, sur la côte Atlantique, est le principal centre urbain du pays. Ses sites modernes regroupent la Pyramide, un édifice en béton faisant penser à une ziggourat. La cathédrale Saint-Paul est une structure inclinée rattachée à une immense croix. Au nord du quartier central des affaires, le parc national du Banco est une réserve de forêt tropicale au sein de laquelle serpentent des chemins de randonnée.
Devise: Union - Discipline - Travail
Emblème: Éléphant
La Côte d’Ivoire, en forme longue république de Côte d’Ivoire (RCI), est un pays situé en Afrique, sur l'océan Atlantique5, dans la partie occidentale du golfe de Guinée. D’une superficie de 322 462 km2, elle est bordée au nord-nord-ouest par le Mali, au nord-est par le Burkina Faso, à l'est par le Ghana, au sud-ouest par le Liberia, à l'ouest-nord-ouest par la Guinée et au sud par l’océan Atlantique. La population est estimée à 26 594 750 habitants en 20176. La Côte d’Ivoire a pour capitale politique et administrative Yamoussoukro bien que la quasi-totalité des institutions se trouvent à Abidjan, son principal centre économique. Bien qu'elle ait pour langue officielle le français, plus de 60 autres dialectes sont parlés au quotidien. Elle a pour monnaie, le franc CFA. Le pays fait partie de la CEDEAO, de l’Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique.
D’abord protectorat français7 en 1843 et devenu colonie française le 10 mars 1893, le pays acquiert son indépendance le 7 août 1960, sous la houlette de Félix Houphouët-Boigny, premier président de la République. L’économie, essentiellement axée sur la production de café et de cacao, connaît au cours des deux premières décennies un essor exceptionnel, faisant de la Côte d’Ivoire un pays phare en Afrique de l'Ouest8. En 1990, le pays traverse, outre la crise économique survenue à la fin des années 1970 et qui perdure, des périodes de turbulence sur les plans social et politique. Ces problèmes connaissent une exacerbation à la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993.
L’adoption d’une nouvelle constitution9 et l’organisation de l’élection présidentielle qui, en 2000, porte au pouvoir Laurent Gbagbo, n’apaisent pas les tensions sociales et politiques, qui conduisent au déclenchement d’une crise politico-militaire le 19 septembre 2002. Après plusieurs accords de paix, l'élection présidentielle de 2010 voit la victoire d'Alassane Ouattara face à son opposant Laurent Gbagbo. Réélu en 2015, Alassane Ouattara relance la croissance économique par une politique libérale et interventionniste tout en étant critiqué pour sa gestion de l'armée et de la justice.
En 2016, une nouvelle constitution est adoptée, initiant la Troisième République. La Côte d’Ivoire est en voie de développement et se place en 182e position selon son indice de développement humain (IDH) en 2017.
Étymologie et toponymie
La dénomination de « Côte d’Ivoire » est la traduction en français du nom portugais de « Costa do Marfim » donné par les commerçants navigateurs en route vers l’Inde, qui apparaît sur les portulans portugais à la fin du xviie siècle.
En octobre 1985, le gouvernement ivoirien a demandé à tous les pays d'utiliser comme dénomination officielle le nom en français de « Côte d’Ivoire » (de manière similaire aux noms de certains pays qui ne sont pas traduits comme Costa Rica, Sierra Leone, etc.). Ce nom officiel s’écrit sans trait d'union, faisant exception, comme certains autres noms de pays, aux règles de la typographie française qui prescrivent habituellement, pour la graphie des noms d’unités administratives ou politiques, des traits d’union entre les différents éléments d’un nom composé, et une capitale à tous les éléments (sauf articles…) ce qui donnerait normalement « Côte-d’Ivoire » (voir l’article trait d'union#Noms des entités politiques et administratives).
Hors des pays francophones, le nom de « Côte d’Ivoire » en français reste toutefois d’usage purement diplomatique, les médias et les populations continuant à s’exprimer usuellement dans leurs propres langues : « Elfenbeinküste » en allemand, « Costa do Marfim » en portugais, « Costa de marfil » en espagnol, Бе́рег Слоно́вой Ко́сти- « Béreg Slonovoï Kosti » en russe (avec Кот д’Ивуа́р-« Kot d'Ivouar » comme transcription phonétique du nom français) ou 象牙海岸 en chinois (avec aussi 科特迪瓦 comme transcription du nom français). Depuis 1985, le pays a donc, dans les pays non-francophones, deux noms : le nom officiel en français sans trait d’union, et un nom vernaculaire selon la langue et les règles de chaque pays.
La Côte d’Ivoire a aussi communément été appelée la « terre d’Éburnie »10, qui désigne la partie forestière du pays11. À l’indépendance, des propositions avaient suggéré de remplacer le nom de Côte d’Ivoire, considéré comme trop colonial, par celui d’« Eburnea »11.
Langues
Principaux groupes linguistiques de la Côte d’Ivoire.
Le français est la langue officielle de la Côte d’Ivoire et environ 70 % des habitants du pays le comprennent et le parlent12. Selon l'OIF en 2009, 99 % des habitants de la plus grande ville du pays Abidjan savent lire, écrire et parler français. Aujourd’hui, plus du tiers de la population du pays a le français comme langue maternelle, surtout parmi les jeunes générations.
En plus du français parlé par la majorité des Ivoiriens, 60 autres langues sont parlées au quotidien, principalement dans les zones rurales. Parmi ces langues, les plus parlées sont : le sénoufo (276 000 locuteurs) et le dioula (1 500 000 locuteurs) dans le nord, le baoulé (300 000 locuteurs) et le bété (250 000 locuteurs) sont les langues les plus parlées dans le sud. D’autres langues comme le yacouba (118 300 locuteurs) et l’agni (400 000 locuteurs) sont aussi des langues importantes ainsi que le gouro qui est parlé centre ouest du pays. Ces six ethnies à elles seules représentent 58,03 % des Ivoiriens.
Le dioula, principalement parlé au Nord, est la langue la plus parlée au pays du fait de son utilisation fréquente dans le milieu du commerce, activité exercée par les Dioula. C’est aussi l’une langue de première importance dans plusieurs pays frontaliers de la Côte d'Ivoire.
Topographie
Relief et villes principales de la Côte d’Ivoire.
Le territoire de la Côte d’Ivoire présente l'aspect d'un quadrilatère, dont le sud offre une façade de 520 km sur l'océan Atlantique5, dans la partie occidentale du golfe de Guinée. Le pays est caractérisé par un relief peu élevé. Les terres sont constituées en majeure partie de plateaux et plaines. L’ouest du pays, région montagneuse, présente toutefois quelques reliefs au-delà de mille mètres (le mont Nimba culmine à 1 752 m14). Hormis cette région, les altitudes varient généralement entre 100 et 500 mètres, la plupart des plateaux se situant autour de 200 à 350 mètres. Ceux-ci présentent différents aspects. Les plateaux les plus élevés sont rigides dans leurs formes ainsi que dans leurs matériaux ; ceux de niveaux intermédiaires ont assez souvent des formes émoussées ; les plus bas présentent quant à eux une certaine rigidité, mais sont constitués de matériaux meubles. Des étendues énormes et verticales rigoureusement tabulaires et horizontales sont parfois présentes dans les régions de savanes, mais également sous les petits accrocs de savanes incluses dans la forêt dense. L’élément dominant de ces plateaux est constitué par une cuirasse ferrugineuse visible en surface sous forme de dalles de teinte rouille, mais parfois voilées de sables, de gravillons ou produits plus fins15.
Les eaux, qui couvrent environ 4 462 km2, soit 1,38 % de la superficie totale du pays, sont constituées au sud par l’océan (Atlantique), les lagunes dont les plus célèbres sont les complexes Aby-Tendo-Ehy, Ebrié, Grand-Lahou-Lagune Tadio-Makey-Tagba, ainsi que d'eaux mortes. De nombreux cours d’eau avec souvent des débits extrêmes, drainent tout le territoire. Au nombre de ceux-ci figurent quatre grands fleuves16 qui sont le Cavally (700 km), le Sassandra (650 km), le Bandama (1 050 km) et la Comoé (1 160 km). D'autres cours d’eau importants sont tributaires de ces derniers ou forment des bassins versants indépendants en tant que fleuves côtiers comme le Tabou, le Néro, le San-Pedro, le Bolo, le Niouniourou, le Boubo, l'Agnéby, la Mé, la Bia. À cet ensemble s'ajoutent des ruisseaux et plusieurs étendues marécageuses15.
Géologie
Gneiss, roche métamorphique constituant une des grandes familles des formations cristallines.
Les sols présentent la même apparence que ceux que l’on rencontre en grande partie en Afrique de l’Ouest : ils sont souvent meubles, parfois indurés, d’un matériau dont la couleur se situe habituellement dans la gamme des rouges, allant de l’ocre au rouille sombre. Toutefois, l’empreinte des milieux équatoriaux sur les sols ivoiriens est proportionnellement plus marquée que dans la quasi-totalité des territoires qui se situent au nord du golfe de Guinée.
Tout comme le relief, les sols sont influencés de manière souvent déterminante par la composition des roches. Le soubassement rocheux de la Côte d’Ivoire est diversement constitué et presque invisible, à l’exception des dômes cristallins. Il est formé en quasi-totalité par des roches de socle, cristallines ou phylliteuses, présentant divers degrés de métamorphisation. Les formations cristallines occupent environ les deux tiers du pays et sont subdivisées en cinq grandes familles par les géologues : les migmatites et les gneiss (anciennes roches plutoniques, volcaniques ou sédimentaires métamorphosées), les charnockites (granites à hypersthène) et norites, les « granites baoulé » qui elles-mêmes comprennent plusieurs variétés de roches, la catégorie des roches riches en minéraux noirs (diorites ou granodiorites) et les « granites de Bondoukou » (fréquemment granodioritiques mais parfois alcalins également). Quant aux roches phylliteuses, elles sont essentiellement composées de schistes, qui divergent en fonction des caractères des sédiments originels qui les ont formés et des degrés de métamorphismes qu’ils ont subis. Mais elles comprennent également quelques quartzites et grès-quartzites. Sont assimilées à cette famille les roches communément appelées « roches vertes » en Côte d’Ivoire (métamorphiques mais d’origine non sédimentaire). Le socle ivoirien est bordé par une minuscule couverture sédimentaire constituée surtout de sables argileux d’origine continentale, d’argiles, sables et vase d’origine marine.
Les sols ferralitiques couvrent la majeure partie du territoire ivoirien. Ils sont notamment présents dans l’Est, l’Ouest, le Sud, les zones forestière et pré-forestière, les zones de savanes soudanaises ou sub-soudanaises, les aires septentrionales, etc. Les sols ferrugineux tropicaux qui se rencontrent sur des roches granitoïdes ont leur extension majeure dans le Nord-Est du pays, autour de la localité de Bouna et dans l’interfluve entre le haut N’Zi et la haute Comoé. Les trois dernières classes citées sont beaucoup plus étroitement localisées ; elles sont situées en topographie accidentée et se rencontrent dans les régions de buttes du Yaouré et de Bondoukou, de la haute Comoé et dans les chaînes des localités de Sifié, d’Oumé à Fetékro.
Climat
Compris entre 4° et 10° de latitude nord, le territoire de la Côte d’Ivoire est distant de l'équateur d'environ 400 km sur ses marges méridionales, et du tropique du Cancer d’environ 1 400 km sur ses frontières septentrionales. Le climat, généralement chaud et humide, constitue dès lors une transition entre l’équatorial et le tropical. Équatorial le long des côtes, il est semi-aride à l'extrême nord. Le pays connaît en général des variations importantes de température entre le nord et le sud, mais également le long de l’année en fonction des saisons. Les températures oscillent autour de 28 °C en moyenne. Deux grandes zones climatiques se côtoient : le climat équatorial et le climat tropical de savane, lui-même plus ou moins sec.
Le climat subéquatorial est caractérisé par des températures de faibles amplitudes de (25 °C à 30 °C), un fort taux d’humidité (de 80 à 90 %) et des précipitations abondantes, qui atteignent à Abidjan 1 766 mm et à Tabou 2 129 mm. Cette zone connaît deux saisons sèches et deux saisons humides. La grande saison sèche, chaude, est entrecoupée de quelques pluies et s’étend du mois de décembre au mois d'avril. La petite saison sèche couvre les mois d'août et de septembre. Quant aux saisons de pluie, elles s'échelonnent de mai à juillet pour la grande et d’octobre à novembre pour la petite.
Le climat tropical de savane humide couvre le nord de la zone forestière du sud et le sud de la région des savanes. Les températures, à amplitudes plus importantes, y oscillent entre 14 °C et 33 °C avec une hygrométrie de 60 % à 70 % et des précipitations annuelles de 1 200 mm3 à Bouaké. Cette région climatique connaît également quatre saisons : deux saisons sèches, de novembre à mars et de juillet à août et deux saisons pluvieuses, de Juin à Octobre et de Mars à Mai.
Le climat de savane sec concerne principalement la Région des Savanes. Les amplitudes thermiques quotidiennes et annuelles y sont relativement importantes, de l’ordre de 20 °C, le taux d’humidité, inférieur à celui du sud du pays, varie de 40 % à 50 %. La zone considérée est caractérisée par la présence intermittente entre les mois de décembre et février d’un vent frais et sec, l’harmattan. On y relève deux saisons : l’une sèche, de novembre à juin, ponctuée par quelques pluies au mois d'avril, et l’autre pluvieuse, couvrant la période de juillet à octobre. Les précipitations moyennes enregistrées sont de 1 203 mm à Korhogo.