09/24/2025
đ„ Les Oilers sont-ils vraiment coincĂ©s avec McDavid et Draisaitl?
Pat Brunet (Hybride NHL x Hobby) plonge au cĆur du dossier : ajouts, pertes, masse salariale et avenir de lâĂ©quipe. Un regard passionnĂ© sur lâĂ©tat des forces Ă Edmonton đ
đ§ Oilers⊠LâĂ©tat des forces ? đŠ
Au fil des saisons, les partisans en viennent Ă se demander quand les Oilers parviendront enfin Ă mettre la main sur le trophĂ©e ultime : la coupe Stanley. Pour reprendre le slogan de lâADQ dâune certaine Ă©poque : « Plus ça change, plus câest pareil ! »
En effet, ces derniÚres années, Edmonton a démontré que, malgré des saisons respectables et des parcours en séries impressionnants, il demeure impossible de conclure en beauté.
Que manque-t-il rĂ©ellement Ă cette Ă©quipe ? Lâavenir de la franchise est-il en pĂ©ril ? Le nouveau contrat de Draisaitl et le futur engagement de McDavid viendront-ils compromettre les espoirs dâune formation Ă©quilibrĂ©e et compĂ©titive ?
â Ajouts + Pertes = ConsĂ©quences â
En ce qui concerne les ajouts effectuĂ©s par le directeur gĂ©nĂ©ral, plusieurs signatures/prolongations de contrat ont Ă©tĂ© accordĂ©es au sein du bottom-6 en attaque, notamment Ă Frederic, Kapanen, Mangiapane et Lazar. En dĂ©fense, Stan Bowman a choisi de sĂ©curiser la prĂ©sence de son pilier offensif, Evan Bouchard. Bien que son contrat soit coĂ»teux, il demeure un Ă©lĂ©ment essentiel Ă la relance offensive de lâĂ©quipe.
Pour ceux qui espĂ©raient voir Carter Hart, autrefois considĂ©rĂ© comme un jeune prodige, signer avec Edmonton, les rumeurs lient plutĂŽt le gardien aux Hurricanes. Les Oilers devront donc se contenter dâun duo qui suscite davantage dâinterrogations que de confiance. Ainsi, aucun ajout spectaculaire nâa Ă©tĂ© effectuĂ© depuis la fin de la derniĂšre saison.
Ă lâinverse, les pertes subies risquent dâĂȘtre plus difficiles Ă compenser. Les dĂ©parts de Corey Perry et de Connor Brown reprĂ©sentent les plus coĂ»teux, tandis que le top-6 a Ă©galement perdu de son Ă©clat avec la sortie de J. Skinner et E. Kane. Lâabsence de Zach Hyman, prĂ©vue jusquâen novembre, soulĂšve aussi la question de savoir qui complĂ©tera le top-6 Ă Edmonton.
Si la ligne de centre paraissait solide lâan dernier, la perte de Brown combinĂ©e Ă la blessure dâHyman fragilise cette position, qui reprĂ©sentait pourtant la meilleure profondeur de lâĂ©quipe. DerriĂšre McDavid et Draisaitl, les options restent limitĂ©es. Ryan Nugent-Hopkins demeure un joueur de qualitĂ©, mais son rĂŽle est plus adaptĂ© au top-6 quâĂ une fonction de troisiĂšme centre, du moins en attendant le retour dâHyman.
Sans ĂȘtre une rĂ©fĂ©rence, la dĂ©fense de lâĂ©quipe sâest toutefois amĂ©liorĂ©e au fil des derniĂšres annĂ©es. Lâajout dâun dĂ©fenseur mobile et polyvalent de calibre top-4 aurait nĂ©anmoins Ă©tĂ© bĂ©nĂ©fique pour maximiser les chances de succĂšs.
Devant le filet, une interrogation subsiste : Est-ce que la perte de poids significative de Stuart Skinner (prĂšs de 15 lbs durant lâĂ©tĂ©) influencera positivement ses performances, souvent jugĂ©es inconstantes ? Par ailleurs, un tandem incluant Pickard serait considĂ©rĂ© comme faible dans la plupart des Ă©quipes de la LNH, hormis peut-ĂȘtre les formations les plus mal classĂ©es du circuit. Dans ce contexte, lâajout dâun gardien capable dâassumer un minimum de 20 dĂ©parts sans compromettre le rendement au classement aurait constituĂ© une option souhaitable pour Edmonton.
đ° Peu de marge de manĆuvre Ă court terme, mais un futur allĂ©gĂ© âł
LâĂ©tat de la masse salariale a de quoi inquiĂ©ter les partisans des Oilers. Actuellement, lâĂ©quipe ne dispose que de 225 000 $ sous le plafond salarial, une marge quasi inexistante pour apporter des ajustements. Ă moins de mouvements significatifs, cette flexibilitĂ© atteindra Ă peine un peu plus de 1 M$ Ă la date limite des transactions. Autrement dit, il sera extrĂȘmement difficile pour Edmonton dâamĂ©liorer son alignement Ă court terme.
Cette situation sâexplique par la prĂ©sence de plusieurs contrats lourds ou jugĂ©s peu avantageux, qui pĂšsent sur les finances de lâorganisation. Cependant, un certain soulagement est attendu dĂšs la fin de la campagne en cours. GrĂące Ă lâĂ©chĂ©ance de certains contrats et Ă la hausse marquĂ©e du plafond salarial, les Oilers disposeront dâenviron 45 M$ de marge, une bouffĂ©e dâair frais qui leur permettra dâenvisager lâavenir avec un peu plus dâoptimisme. Sans cette augmentation, lâĂ©quipe aurait trĂšs certainement dĂ» sacrifier des Ă©lĂ©ments clĂ©s ou reculer sur le plan compĂ©titif.
Parmi les joueurs dont le contrat viendra Ă Ă©chĂ©ance, on retrouve McDavid, Kapanen, Henrique, Lazar, Ekholm, Kulak, Skinner et Pickard. Le portrait est donc variĂ© : certains, comme Lazar, Henrique, Ekholm ou Pickard, ne devraient pas ĂȘtre de retour, sauf Ă des conditions trĂšs avantageuses. Certains pourraient Ă©galement quitter si lâorganisation choisit de libĂ©rer de lâespace.
Ă lâopposĂ©, Stuart Skinner devrait logiquement obtenir une augmentation de salaire, lui qui ne touche actuellement que 2,5 M$. Pour Kapanen et Kulak, une prolongation de contrat pourrait ĂȘtre envisagĂ©e, mais difficilement accompagnĂ©e dâune hausse significative. Quant Ă Connor McDavid, son cas mĂ©rite une analyse distincte. Compte tenu de son statut unique dans la LNH et de son rĂŽle vital Ă Edmonton, il serait absurde irrĂ©aliste quâil nâobtienne pas une augmentation substantielle lors de la signature de son prochain contrat.
Au final, lâaugmentation du plafond salarial permettra Ă la formation albertaine de composer avec ses contrats problĂ©matiques tout en gardant une certaine capacitĂ© dâamĂ©lioration Ă moyen terme. La saison 2025-26 risque dâĂȘtre compliquĂ©e sur le plan financier, car la marge de manĆuvre demeure presque inexistante. Toutefois, dĂšs lâĂ©tĂ© 2026, la nouvelle rĂ©alitĂ© salariale devrait offrir aux Oilers une plus grande flexibilitĂ© pour bĂątir une Ă©quipe plus Ă©quilibrĂ©e et compĂ©titive.
âïž Prochain contrat de McDavid đ
Dans le contexte actuel de la hausse du plafond salarial, plusieurs critiques Ă©mergent Ă propos du futur contrat de Connor McDavid. Cette situation rappelle celle de Leon Draisaitl, dont la nouvelle entente de 14 M$ par saison entrera en vigueur lors de la saison 2025-26. Au moment de sa signature, Draisaitl reprĂ©sentait 14,66 % de la masse salariale des Oilers. Sâil avait signĂ© ce contrat un an plus t**d, lors de la saison 2026-27, son Ă©quivalent aurait atteint 15,66 M$ par annĂ©e.
Si McDavid conserve le mĂȘme pourcentage de masse salariale que lors de son contrat actuel (15,72 %), son prochain salaire pourrait sâĂ©tablir Ă environ 16,35 M$ par saison dĂšs son entrĂ©e en vigueur. Ăvidemment, le plafond salarial augmentera de 8,9 % entre cette saison et la suivante, ce qui fera en sorte que le contrat de Draisaitl nâoccupera plus que 13,46 % de la masse salariale en 2026-27.
En additionnant la part de McDavid et celle de Draisaitl à ce moment-là , le duo représenterait 29,18 % de la masse salariale des Oilers. Ce pourcentage est appelé à diminuer progressivement au fil des années grùce aux augmentations successives du plafond salarial.
Certains observateurs avancent nĂ©anmoins que deux joueurs occupant prĂšs de 30 % de la masse salariale constituent un frein Ă la compĂ©titivitĂ© de lâĂ©quipe. Mais ces critiques sont-elles rĂ©ellement justifiĂ©es? Pour y rĂ©pondre, il est pertinent de se tourner vers lâhistoire rĂ©cente de la LNH. Voici deux duos de joueurs ayant eu un impact significatif sur la masse salariale de leur Ă©quipe. Ils seront comparĂ©s afin de mettre la situation dâEdmonton en perspective.
đ§ Crosby et Malkin, Penguins de Pittsburgh : â
Bien que plusieurs affirment que Sidney Crosby ait laissĂ© de lâargent sur la table lors de ses nĂ©gociations, il faut rappeler que, lorsquâil a signĂ© son premier gros contrat en 2008-09, il occupait 15,34 % de la masse salariale des Penguins. LâannĂ©e suivante, lâentrĂ©e en vigueur du contrat de Malkin ajoutait un poids supplĂ©mentaire, reprĂ©sentant 15,32 % Ă lui seul.
CombinĂ©s, Crosby et Malkin reprĂ©sentaient donc 30,66 % de la masse salariale de Pittsburgh. Il est Ă©galement important de souligner que, durant cette pĂ©riode, la masse salariale nâavait augmentĂ© que de 100 000 $, une progression nĂ©gligeable par rapport aux hausses prĂ©vues aujourdâhui.
Dans ce contexte, le duo Crosby et Malkin occupait en réalité un espace encore plus grand sur la masse salariale que ce qui est anticipé pour McDavid et Draisaitl en 2026-27.
â°ïž MacKinnon et Rantanen, Avalanche du Colorado : âĄ
Du cĂŽtĂ© du Colorado, Nathan MacKinnon a signĂ© son plus rĂ©cent contrat lors de la saison 2023-24, dâune valeur de 12,6 M$ par annĂ©e, ce qui reprĂ©sentait 15,09 % de la masse salariale. Son coĂ©quipier Mikko Rantanen, pour sa part, avait paraphĂ© son gros contrat lors de la saison 2019-20 (9,25 M$ par annĂ©e), occupant alors 11,35 % de la masse salariale.
Entre ces deux signatures, le plafond salarial nâavait augmentĂ© que de 2 M$, en grande partie Ă cause de la pandĂ©mie de COVID-19, ce qui constitue une progression relativement faible. Au moment de lâentrĂ©e en vigueur du contrat de MacKinnon, le poids de celui de Rantanen sur la masse salariale Ă©tait donc descendu Ă 11,07 %.
La combinaison des deux joueurs reprĂ©sentait ainsi 26,16 % de la masse salariale lors de la saison 2023-24. Dans ce cas, le duo occupait donc lĂ©gĂšrement moins dâespace que ce qui est anticipĂ© pour McDavid et Draisaitl en 2026-27, mais lâĂ©cart demeure mince.
En considĂ©rant ces faits, on constate rapidement que le duo des Oilers nâest pas aussi « vorace » que certains le prĂ©tendent. McDavid pourrait mĂȘme nĂ©gocier un salaire Ă©quivalant Ă 17,2 % de la masse salariale (17,88 M$ par saison en 2026-27), et ce pourcentage ne dĂ©passerait pas celui atteint par Crosby et Malkin en 2009-10.
Pour mettre ce chiffre en perspective, 17,2 % nâest pas sans prĂ©cĂ©dent. Câest lĂ©gĂšrement moins que la proportion occupĂ©e par Zdeno Chara lors de la signature de son contrat en 2006-07 (17,05 %). Ă lâĂ©poque, la LNH traversait Ă©galement une phase dâimportantes hausses du plafond salarial, introduit pour la premiĂšre fois en 2005-06 Ă 39 M$. Trois ans plus t**d, en 2008-09, ce plafond avait dĂ©jĂ grimpĂ© Ă 56,7 M$, une augmentation de 45,38 % en un laps de temps trĂšs court.
De la mĂȘme maniĂšre, il faut souligner que le plafond salarial actuel est en pleine croissance. Dâici lâĂ©tĂ© 2027, il passera de 104 M$ Ă 113,5 M$, offrant ainsi une marge de manĆuvre accrue aux Ă©quipes et relativisant le poids des contrats phares comme ceux de McDavid et Draisaitl.
đŻ En conclusion đ
Les Oilers se retrouvent donc Ă la croisĂ©e des chemins : dâun cĂŽtĂ©, une marge de manĆuvre quasi inexistante Ă court terme qui risque de limiter toute amĂ©lioration immĂ©diate de lâalignement; de lâautre, un avenir plus encourageant grĂące Ă la hausse du plafond salarial et aux nombreux contrats qui viendront Ă Ă©chĂ©ance. Cette dualitĂ© reflĂšte parfaitement la situation dâEdmonton : une Ă©quipe dotĂ©e dâun potentiel Ă©norme, mais dont les espoirs reposent sur une gestion fine et stratĂ©gique de la masse salariale.
Les comparaisons avec dâautres duos vedettes de la LNH dĂ©montrent par ailleurs que la situation de McDavid et Draisaitl nâa rien dâexceptionnel ni dâalarmant. Crosby et Malkin ont dĂ©jĂ accaparĂ© une part encore plus importante de la masse salariale des Penguins, et cela ne les a pas empĂȘchĂ©s de soulever la coupe Stanley Ă trois reprises.
Du cĂŽtĂ© du Colorado, MacKinnon et Rantanen ont Ă©galement pesĂ© lourd dans les finances de lâAvalanche, sans pour autant nuire Ă lâĂ©quipe.
Au final, la question nâest pas tant de savoir si les contrats de McDavid et Draisaitl nuiront Ă la compĂ©titivitĂ© des Oilers, mais plutĂŽt si lâorganisation saura bĂątir autour de ce noyau une Ă©quipe Ă©quilibrĂ©e, capable de combler ses faiblesses structurelles, notamment devant le filet et au niveau de la profondeur offensive. Si Edmonton parvient Ă relever ce dĂ©fi, le duo vedette pourrait bien transformer la pression actuelle en hĂ©ritage durable, et peut-ĂȘtre enfin ramener la coupe Stanley en Alberta.