05/08/2026
« Beh oui Vera, quand on veut, on peut ! C’est toujours une question de volonté ! »
Sauf que, entre « vouloir » et « pouvoir » ou « être capable de » il y a une distinction à faire...
Souvent, nous tombons dans le piège de nous sentir incapables ou nuls simplement parce que nous n'avons pas atteint un objectif que nous voulions accomplir. Or, vouloir quelque chose est une intention, un désir, tandis qu'être capable de le faire fait référence à nos compétences, nos ressources et les circonstances dans lesquelles on se trouve.
IMPORTANCE DE LA DISTINCTION
Éviter la culpabilité injustifiée : si vous voulez courir un marathon mais n'êtes pas (encore) physiquement capable de le faire, cela ne signifie pas que vous êtes un échec. Cela signifie simplement qu'il y a un décalage entre votre désir et votre capacité actuelle. Se blâmer pour un manque de capacité est contre-productif.
Fixer des objectifs réalistes : reconnaître ce que nous sommes actuellement capables de faire nous aide à établir des objectifs atteignables. Nous pouvons alors élaborer un plan pour développer les capacités nécessaires si nous voulons toujours atteindre cet objectif plus ambitieux.
Développer la résilience : comprendre que l'incapacité n'est pas une fatalité mais souvent une étape transitoire nous encourage à apprendre et à grandir. Ce n'est pas « je ne peux pas » mais plutôt « je ne peux pas encore ».
Valider nos efforts : même si nous n'atteignons pas pleinement ce que nous voulions, le simple fait d'avoir essayé et d'avoir mis des efforts, en fonction de nos capacités du moment, est une réussite en soi.
Protéger l'estime de soi : en dissociant le désir de la capacité, nous évitons d'internaliser l'échec perçu comme une faiblesse personnelle. Cela permet de maintenir une vision positive de soi, même face aux défis.
Plus simplement dit :
Quand vous confondez : vous vous sentez frustré(e), incompétent(e), voire désespéré(e), car vous percevez un échec de capacité comme un échec de votre personne.
Quand vous distinguez : vous reconnaissez votre désir, évaluez vos capacités, et identifiez les étapes nécessaires pour développer ces capacités. Cela transforme l'échec perçu en une opportunité d'apprentissage et de croissance, ce qui est très positif pour votre estime de soi.
C'est une nuance subtile, mais incroyablement puissante pour se sentir plus confiant face aux défis !
UN EXEMPLE PLUS CONCRET
Dans le domaine du social, on a tous connu une mère qui VEUT faire les choses pour le bien de ses enfants. Alors on lui propose une rencontre le lundi matin à 9h. La mère ne se présente pas… On donne une seconde chance : même jour, même heure la semaine qui suit. À nouveau, elle ne vient pas… Pourtant, lors des échanges téléphoniques, madame déclare qu’elle VEUT… Arrive alors les jugements hâtifs : « Madame n’est pas fiable, elle s’en fout de ses enfants, elle dit mais elle ne veut pas, ... » Sauf que, on a oublié que madame boit beaucoup le soir et surtout le week-end et qu’elle ne PEUT PAS assumer un rendez-vous le lundi à 9h du matin ! Et que par peur, elle n’a PAS SU refuser le lundi 9h ! À partir de ce constat, on peut mieux accompagner madame et lui demander à quel moment elle serait le plus apte à nous rencontrer. Le jeudi 13h, parfait. Par la suite, madame a toujours assuré nos rencontres...
APPLICATION AU QUOTIDIEN
Prenez du recul : avant de vous juger durement, demandez-vous : « Est-ce que j’ai loupé cet objectif parce que je ne le voulais pas vraiment ou parce que mes capacités actuelles et/ou les circonstances ne me l'ont pas permis ? »
Identifiez les lacunes de capacité : si c'est une question de capacité, demandez-vous ce qu'il faudrait apprendre, quelles compétences développer ou quelles ressources acquérir pour y parvenir à l'avenir.
Célébrez les petites victoires : concentrez-vous sur ce que vous êtes capable de faire et sur les progrès que vous réalisez, même si ce n'est pas encore l'objectif final que vous voulez atteindre.
En somme, reconnaître la différence entre VOULOIR et ÊTRE CAPABLE DE est un pilier pour bâtir une estime de soi solide et saine. Cela nous permet d'être plus indulgents envers nous-mêmes, tout en nous motivant à progresser.